Corruption : l’air -l’ère- du soupçon

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(Post du 30 novembre 2016) – Un récent sondage auprès des Français confirme la défiance très forte qui touche les responsables publics. Selon cette enquête d’opinion réalisée par Harris Interactive pour Transparency International France et Tilder, 54 % des Français estiment que les personnes qui exercent des responsabilités importantes ou ayant du pouvoir sont corrompues pour une grande partie d’entre elles. 77 % des parlementaires nationaux sont perçus comme corrompus, les dirigeants de grandes entreprises publiques comme privées (71%), les présidents de conseils régionaux et départementaux (67 %), les syndicalistes (64 %) et… les journalistes       (58 %). Le soupçon de corruption touche aussi les élus locaux et les fonctionnaires. Même si une courte majorité de Français interrogés juge la fonction publique intègre. 53 % pour les fonctionnaires d’État et 52 % pour les fonctionnaires territoriaux, ce niveau de défiance montre l’état de délabrement de notre démocratie. Les maires s’en sortent un peu moins mal avec 48 %.

Les dispositifs de prévention de la corruption sont régulièrement renforcés depuis la première loi Sapin du 29 janvier 1993. Au cours du présent quinquennat, on a vu une accélération des mesures préventives avec la création de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique créée en janvier 2014, puis plus récemment avec la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires et, enfin, avec la loi sur la transparence, la lutte contre la corruption, et la modernisation de la vie économique, dite “Sapin 2“ qui prévoit la création prochaine de l’Agence nationale anticorruption. Il y a fort à parier que le mouvement ne va pas s’arrêter là. Pour Daniel Lebègue, président de Transparency international France, ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, “s’il y a eu des avancées durant ce quinquennat, on ne peut pas en rester là. Il est indispensable de poursuivre la réoxygénation de notre vie publique“.

Qu’on le regrette ou non, face au niveau élevé de défiance de nos concitoyens, il y a fort à parier qu’on va continuer à renforcer les dispositifs en exigeant une transparence totale et qu’on n’en restera pas aux déclarations de patrimoine déjà exigées. Au Canada, les salaires des hauts fonctionnaires et les indemnités des responsables politiques sont accessibles en ligne de même que tous leurs dépenses professionnelles et frais de mission. La vie publique est sous haute surveillance et cela risque de ne pas encourager la prise de responsabilités publiques.

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