Les SCIC, outils d’économie sociale pour les collectivités

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Connaissez-vous les SCIC, sociétés coopératives à intérêt collectif ?

Mon attention a été récemment attirée par cette forme d’économie sociale, grâce à l’initiative du conseil régional du Centre qui a participé à la création d’une SCIC pour fournir des produits bio aux restaurants scolaires de ses lycées. Dans ce cas, il s’agit  d’encourager la production locale agrobiologique à circuits courts et de trouver suffisamment de fournisseurs locaux pour répondre aux appels d’offre. Aujourd’hui, l’agriculture bio ne représente que 1 % des surfaces cultivables de la Région Centre et l’objectif fixé est de servir 1,5 millions repas bio par an dans les lycées d’ici trois ans.

Dans la Région Centre, cette  SCIC baptisée SelfBio-Centre, réunit producteurs, transformateurs, un distributeur, la Région, ainsi que des associations de parents d’élèves et de consommateurs. La Région Centre est entrée au capital de la SCIC à hauteur de 1 500 €, soit 10 parts sociales. Elle a apporté, par ailleurs à la SCIC  une avance remboursable de 200 000 € pour le financement du fonctionnement dans la phase de lancement. Une SCIC est une structure qui associe autour d’un projet des acteurs salariés, des acteurs bénéficiaires (clients, fournisseurs…) et des contributeurs (associations, collectivité). La SCIC SelfBio-Centre est une SA à capital variable et à but non lucratif.

Les SCIC sont nées il y a une douzaine d’année en France, pour adapter l’exemple  des coopératives sociales italiennes au contexte français. En 1998, avec le soutien de l’Europe, des collectivités locales françaises, notamment du conseil général de l’Hérault, le mouvement SCOP, en partenariat avec la DIES et la Mission Promotion de l’Emploi de la DGEFP, a lancé une étude-action pour évaluer la faisabilité de cette nouvelle déclinaison de la loi coopérative de 1947 qui permet le multi sociétariat (usagers, bénévoles, salariés, autres tiers). Cette formule reste encore peu connue : au 1er mars 2010, 164 SCIC sont en activité . Assurément, c’est une forme d’économie sociale et solidaire qui ne demande qu’à se développer pour des projets participatifs innovants.

 

We are the champions

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Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console. Au lendemain des élections régionales, il faut prendre du recul et changer de lunettes. Je recevais hier dans mon émission Enjeu région capitale, consacrée à l’Ile de France, sur Fréquence Protestante (Paris, 100.7 FM), Chiara Corazza, directrice générale de Paris Ile de France Capitale économique. Cette anglo-Italienne travaille pour le développement économique internationale de la Région Ile de France depuis plus de 25 ans, d’abord comme directrice des relations internationales puis, depuis 2002, à la tête de l’agence, Paris Ile de France Capitale économique , qui réunit un club d’entreprises aux côtés de la CCIP (Chambre de commerce et d’industrie de Paris) pour attirer les investisseurs étrangers dans la Métropole parisienne.

Dans la grande compétition des métropoles à l’échelle planétaire, Paris s’en sort très bien.  En 2008, Paris Ile de France a accueilli 6 % de nouvelles implantations internationales (création nette d’entreprises, centres de recherche, quartiers généraux) quand Londres baissait de 14 % et Madrid de 16 %. Sur la période 2005-2009, Paris est dans le tiercé de tête des investissements internationaux, derrière Shanghaï et Londres, loin devant Tokyo, New-York ou Pekin. L’année dernière, en pleine crise, cela s’est traduit parplus de 5 000 emplois nouveaux. Paris est aussi dans le tiercé de tête pour la meilleure image auprès des investisseurs. Parmi les atouts qui attirent ces grands patrons internationaux, figurent bien sûr notre situation géographique, notre desserte aérienne internationale, la qualité des infrastructures de communication mais aussi la qualité de la main d’œuvre bien formée et la stabilité juridique et politique de la France.

Le message de Chiara Corraza nous fait du bien, à nous, Français, qui avons toujours tendance à l’auto-dénigrement. Savez-vous que Paris Ile de France compte 14 chercheurs pour 1000 habitants quand la Silicon Valley n’en a que 7 ?  Bonne nouvelle aussi, la qualité de notre administration est reconnue et Chiara Corraza souligne l’évolution très positive des acteurs publics pour faciliter l’accueil des investisseurs étrangers et la vie au quotidien de leurs ressortissants. Autre versant de cette attractivité : HEC, Polytechnique et les Universités parisiennes accueillent de plus en plus d’étrangers en formation qui seront demain les ambassadeurs de la grande métropole parisienne.

Finances régionales : perspectives en berne

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Une étude de l’agence de notation Fitch Rating parue à la veille du second tour des élections régionales annonce des temps difficiles pour les finances des conseils régionaux. Principale raison : l’atonie des recettes face à des besoins d’investissement toujours importants. «Même si les régions restent des entités financièrement solides au regard d’autres collectivités locales, leur situation budgétaire devrait se détériorer et nous prévoyons une forte hausse de leur endettement » indique Christophe Parisot, directeur senior au sein du département finances publiques de Fitch.

Même si la hausse des dépenses de fonctionnement ralentit maintenant que les régions ont digéré les transferts de compétences entamés en 2004, l’agence de notation prévoit que certains postes continueront à croître, formation professionnelle (20% des dépenses régionales) où les besoins devraient rester importants compte tenu de la hausse du chômage,  transports (30% des investissements régionaux) dont la part devrait s’accroître encore en raison des grands projets engagés et des importants besoins de renouvellement des infrastructures et du matériel roulant.

Dans le même temps, les recettes, composées à plus de 70% de dotations de l’Etat ou d’impôts non dynamiques, vont connaître une évolution inférieure à l’inflation. Les régions ayant perdu quasiment tout pouvoir fiscal après la dernière réforme fiscale, ne pourront pas recourir à l’impôt comme elles l’ont fait entre 2004 et 2009. Conséquence : sauf à se replier sur leurs seules compétences obligatoires, les régions vont devoir emprunter.  Dans ce contexte, le dialogue Etat-régions, dans le cadre de la Commission nationale sur les déficits publics, risque d’être tendu .

Allemagne année zéro

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Cela commence par une anecdote qui fait une dépêche insolite de l’AFP. Le village allemand de Niederzimmern, près de Leipzig a mis en vente ses très nombreux nids de poule de sa voirie afin de financer leur réparation après un hiver particulièrement rude. En échange d’un don de 50 euros, la municipalité s’engage à réparer un nid de poule et à y inscrire un message personnel. Et ça continue par une série de mauvaises nouvelles dans l’actualité financière des  villes allemandes rendues exsangues par la crise.

Les premières décisions touchent les dépenses de personnels. Un accord signé entre les villes allemandes et les représentants des agents territoriaux limite la hausse des rémunérations de façon drastique. En 2010, les communes n’augmenteront leurs deux millions de salariés que de 1,2 % et la puissante Fédération des communes et villes d’Allemagne a réclamé l’aide de l’État fédéral pour faire face à l’évolution des budgets locaux. «Notre situation financière était déjà catastrophique avant cet accord. Elle est devenue à présent encore plus difficile», expliquait au début du mois de mars son président, Gerd Landsberg, au correspondant de la Tribune, Romaric Godin.

Jusqu’en 2008, les excédents des villes compensaient en partie le déficit chronique de l’Etat fédéral. En 2008, ce surplus financier avait atteint 8,4 milliards d’euros. Mais on a assisté à un retournement de tendance brutal avec un  déficit de 7,5 milliards d’euros. Les villes allemandes sont très dépendantes à un impôt sur les entreprises, le « Gewerbesteuer » (assis sur les bénéfices, les intérêts et les loyers) qui représente 44 % des recettes municipales. Bref, en 2009, les revenus des communes ont chuté de 13 % au moment où les dépenses augmentaient de 5,6 % à cause de l’envolée des dépenses sociales. Les maires allemands accusent aussi l’Etat fédéral de s’être défaussé de compétences sociales aux dépens des villes. Toute ressemblance avec des situations connues serait-elle fortuite ?  

 

La révision des bases se fera cette année ?

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Au début de ce mois de mars, au détour d’une réponse ministérielle à la question écrite posée par un parlementaire en mai 2009, le ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique, Eric Woerth, vient de confirmer que le gouvernement veut s’attaquer dès cette année à la réforme des valeurs locatives. Ah le beau serpent de mer que voilà ! Pour les non spécialistes, il faut savoir que nos impôts locaux, et principalement la taxe d’habitation, sont calculés en fonction de la valeur locative de notre logement. Cette valeur n’est pas établie en fonction des prix du marché de l’immobilier, de la valeur vénale de l’habitation ou du cours des loyers dans une ville. Il a été calculé dans les années soixante-dix en fonction de critères liés au confort et à la modernité. Ces critères sont aujourd’hui totalement obsolètes, la base de calcul est fictive, et, en conséquence, notre fiscalité locale est devenue parfaitement injuste.

Au début des années quatre-vingt-dix, dans un élan vertueux de justice fiscale, le Sénateur Jean-Pierre Fourcade, alors président du Comité des finances locales avait demandé une actualisation des bases. Un premier secrétaire d’Etat au Budget, Michel Charasse répondit positivement et on se livra alors à des simulations. Pour préparer cette importante réforme, l’administration fiscale rajouta sur la feuille d’impôts locaux des frais de modernisation des rôles que les contribuables continuent à payer. Mais la réforme de fut jamais appliquée. Trop risquée politiquement. Certains contribuables auraient vu leur impôt local décuplé tandis que d’autres s’en sortaient mieux. Mais il y avait fort à parier qu’on aurait surtout entendu les perdants de la réforme. Tous les responsables politiques qui ont eu peu de mémoire ou de culture, rappellent que La Dame de fer, Margaret Thatcher, a dû quitter sans gloire le 10 Downing Street, après l’échec de sa réforme de la Poll tax. Gagner la guerre des Malouines, faire céder les syndicats de mineurs anglais pour échouer sur la réforme de la taxe d’habitation, voilà qui est peu glorieux. Cela montre surtout que toute réforme de la fiscalité locale est un champ de mines.

En 1993, à la veille du Congrès des maires de France, j’interviewai un jeune ministre du Budget sur la fiscalité locale et il me répondit cette phrase qui aurait pu être historique : « La révision des bases se fera cette année ». Ce ministre est aujourd’hui président de la République et la réforme attend toujours. Son ministre du budget va s’y atteler. Mais Eric Woerth reste prudent. Il annonce qu’«une concertation préalable avec les représentants des collectivités territoriales sera ouverte très prochainement sous la forme d’un groupe de travail dont les conclusions devraient aboutir pour trouver une traduction législative en 2010.» Le gouvernement veut s’attaquer en premier lieu aux locaux commerciaux. La révision des bases se fera cette année. Vraiment ?

Les régions dépensent-elles trop ?

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La question revient systématiquement et elle a même tendance à devenir centrale. Les régions dépensent-elles trop ? Au cours des diverses interviews qui ont suivi la parution de mon dernier livre « Conseils régionaux la politique autrement » (Les Éditions du Secteur Public), les journalistes me posent régulièrement la question et s’inquiètent de la dépense des conseils régionaux. Le discours de Nicolas Sarkozy accusant les collectivités territoriales d’être trop dépensières fait son chemin. J’ai déjà eu l’occasion dans ce blog de dénoncer la suspicion qui entoure aujourd’hui l’argent des collectivités locales.La bonne question à se poser est surtout de savoir si les régions dépensent bien.

Les budgets cumulés des conseils régionaux sont passés de 19,5 milliards d’euros en 2005 à 27,7 milliards en 2009. Avec le transfert des TOS (techniciens ouvriers de services des lycées) de l’Etat aux régions, les dépenses de personnels ont considérablement augmenté, d’autant que le coût de ces transferts a été mal compensé par l’Etat.  Mais même à périmètre constant, oui, les régions ont dépensé davantage en investissement. Elles l’ont fait sur leurs compétences obligatoires avec, par exemple, des investissements massifs dans les transports ferroviaires, pour le renouvellement du matériel des TER (Trains express régionaux), mais aussi pour financer des infrastructures de l’Etat, telles les lignes TGV qui sans un apport financier des régions ne se serait pas faites. De même, aujourd’hui, on ne va pas reprocher aux régions de participer au Plan Campus, de rénovation et modernisation des universités.

Mais les régions vont parfois plus loin et assument sans complexe leur légitimité démocratique pour intervenir dans des politiques volontaristes. Quand la Région Aquitaine finance 4500 logements étudiants, elle sort de sa compétence mais elle fait face au manque cruel de résidences universitaires. Quand la Région Nord-Pas-de-Calais, participe pour 900 000 euros au lancement du film « Bienvenue chez les Ch’tis », les puristes poussent des cris d’orfraie. C’était une bonne dépense de communication pour un film qui fera plus de 20 millions d’entrées et a contribué durablement à l’image positive de la région nordiste. 

Le groupe Carrez très partagé

les-bourgeois-de-calais.1268211199.jpgDans le cadre de la Conférence sur les déficits publics, le ministre Éric Woerth vient d’installer le groupe de travail sur la maîtrise des dépenses locales, présidé par Gilles Carrez. Avant même d’être constitué, ce groupe avait déjà perdu son co-président. Matignon avait nommé le préfet Pierre-René Lemas, ancien DGCL, aujourd’hui directeur général de Paris-Habitat mais l’employeur de M. Lemas, le maire de Paris Bertrand Delanöe ne lui a pas donné l’autorisation de siéger. Il a donc fallu trouver un autre ancien DGCL,  et c’est Michel Thenault, aujourd’hui conseiller d’État qui s’y colle.

Eric Woerth a rappelé aux membres du Groupe Carrez que les dépenses locales représentent 20 % de la dépense publique et qu’ « une vision partagée de l’évolution de la dépense locale est désormais nécessaire ». La feuille de route du groupe est précise : « réaliser un diagnostic partagé sur les facteurs qui expliquent la dynamique des dépenses des collectivités locales, et proposer des mesures susceptibles de contenir la progression des dépenses locales, » en étudiant « l’opportunité de la mise en place d’un objectif de dépense locale, dans le respect du principe de libre administration et d’autonomie financière des collectivités locales ». Le groupe doit remettre son rapport pour avril.

Vision partagée, diagnostic partagé : c’est là le premier écueil que doit affronter le groupe Carrez car les élus locaux socialistes qui ont boudé la première réunion de la conférence le 28 janvier, ne partagent pas, précisément, la vision du Président de la République. Dans cette opération, les élus locaux ne doivent pas être les Bourgeois de Calais, déjà accusés de trop dépenser et témoins impuissants d’une baisse des dotations à venir. Eric Woerth peut toujours essayer de rechercher le consensus en disant qu’il faut « dépasser les crispations actuelles entre l’État et les collectivités locales ». Nicolas Sarkozy a prévenu : la deuxième réunion de la conférence en avril donnera lieu à « décisions extrêmement importantes » et « extrêmement précises », pour l’ensemble du secteur public : collectivités territoriales, Sécurité sociale et Etat. Des déclarations préliminaires en forme d’avertissement qui n’invite guère à venir partager le diagnostic si les décisions sont déjà prises.

La photo : Les Bourgeois de Calais, par Auguste Rodin. Musée Rodin, Paris.

Le Kodex de Francfort

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Petite leçon de management public en provenance d’Allemagne. La ville de Francfort (photo) vient de se doter de nouvelles règles pour la gouvernance de ses entreprises publiques. Cette décision fait suite à une étude du cabinet KPMG qui montrait l’impact des grandes vagues de privatisation dans les communes allemandes  rendant flou le partage des responsabilités entre secteur privé et public. Les EPL (entreprises publiques locales) de Francfort devront intégrer des critères extra-financiers dans leurs politiques.

Dans un article publié sur le site de Novethic , Uwe Becker, responsable de l’administration économique et financière de Francfort explique que « Les entreprises détenues entièrement ou en partie par la municipalité de Francfort doivent remplir une mission de service public au service du bien commun, et ce, d’une manière durable. Elles doivent également en garantir la bonne tenue économique ».

Une directive intitulée « Public Corporate Governance Kodex » décrit la nouvelle gouvernance des Stadt Werke (EPL) de Francfort, le partage des responsabilités entre la présidence, la direction générale et financière de l’entreprise et avec le conseil municipal. Les structures managériales seront les mêmes pour toutes les EPL afin de mieux pouvoir comparer les performances. Les émoluments seront rendus publics. Les membres du conseil de surveillance ne viendront plus de la direction. Des pratiques de RSE (responsabilité sociale d’entreprise) vont être développées dans les services publics locaux.

Propriétaires impatients

syndicat-delectrification.1267600760.jpgDimanche dernier, près d’un million de foyers ont été privés d’électricité pour cause de tempête. Le soir même, 500 000 d’entre eux étaient à nouveau raccordés au réseau et mardi soir seulement 22 000 étaient encore sans électricité. Bravo aux équipes d’ERDF, la filiale la plus importante du groupe EDF. ERDF, Filiale gestionnaire du réseau de distribution qui garantit un accès sans discrimination au réseau, quel que soit le producteur d’électricité. ERDF, entreprise concessionnaire car il faut savoir qu’en France, les collectivités locales sont propriétaires des réseaux de distribution d’électricité basse et moyenne tension.

Ces collectivités propriétaires sont réunies dans des syndicats locaux d’électrification (souvent départementaux) aussi puissants que discrets, qui ont permis l’électrification de l’ensemble du territoire hexagonal depuis les années trente. Et les syndicats d’électrification sont eux-mêmes regroupés au sein de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) créée en 1934.

Pendant des décennies, EDF a été le seul patron de l’électricité en France, opérateur et planificateur, la vie des syndicats se résumant aux assemblées générales suivies de banquets… forcément républicains. Depuis la libéralisation de l’énergie, les élus locaux se sont rappelés qu’ils sont propriétaires et ils ont des impatiences vis à vis du concessionnaire. La FNCCR rappelle que « ces intempéries, certes violentes, ne sont pas exceptionnelles. »
 L’an dernier, c’étaient les tempêtes Klaus (1,7 million de foyers privés de courant) et Quinten (900.000 foyers). La Fédération dénonce  le manque d’investissements dans les réseaux de distribution d’électricité. La chute des investissements d’EDF puis ERDF dans les années 2000 est de l’ordre d’un milliard d’euros par an. Hors événements exceptionnels, le temps de coupure moyen a augmenté considérablement : 56 minutes de temps de coupure en 2004, 60 en 2005, 72 en 2006, 66 en 2007, 78 minutes en 2008.

ERDF enfouit les réseaux de distribution existant à hauteur de 1% par an. Les élus locaux demandent la reprise des investissements, chiffrant les besoins à 8 milliards d’euros en 8 ans. Une étude très complète a été faite sur ce sujet l’année dernière.  Qu’en pense Henri Proglio, nouveau patron d’EDF ?

La photo : inauguration en novembre 2009 de nouveaux bâtiments du Syndicat départemental d’électrification des Hautes-Pyrénées.

S’adapter ou périr

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Deux conduites du changement menées de façons diamétralement opposées. D’un côté, la Poste qui est devenue depuis le 1er mars une société anonyme à capitaux publics, au terme d’une réforme qui a duré à peine dix-huit mois. De l’autre côté, Total qui peine à préparer et à assumer les changements inévitables de son outil industriel.

Au siècle naissant d’Internet, l’activité postale n’est plus la même qu’au XIXème siècle. Alors la Poste s’adapte. Dernier exemple en date : la semaine dernière La Poste a été retenue, dans le cadre du consortium qu’elle a constitué avec Atos Origin, pour l’hébergement du DMP (dossier médical personnel), suite à l’appel d’offres lancé par l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asip Santé). Pour construire son développement la Poste recherche toutes les opportunités en cohérence avec ses métiers de service et son maillage territorial. A l’instigation de son président, Jean-Paul Bailly, elle travaille énormément dans la concertation. Depuis le rapport Prévost, en 1989, la Poste  explique les mutations auxquelles elle est confrontée, elle les anticipe.

A l’inverse, Total avance en solitaire. Le premier groupe industriel français, très fort à l’international, accumule les maladresses dans l’Hexagone, de l’Erika à la reconversion de ses sites industriels. Pourquoi la réforme honteuse ? Quand les Français utilisent des automobiles qui consomment moins d’essence, il n’est pas nécessaire d’être un grand prévisionniste pour s’interroger sur la surcapacité des raffineries françaises. Cela fait des années que le débat existe. Les besoins énergétiques en France restent énormes mais ils changent. Pourquoi faut-il importer de Chine des panneaux photovoltaïques, faute d’industriels français pour les produire ? Qui travaille sur les piles qui alimenteront les voitures demain ? Bolloré en Bretagne et pas Total dans le Dunkerquois.