Finances régionales : perspectives en berne

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Une étude de l’agence de notation Fitch Rating parue à la veille du second tour des élections régionales annonce des temps difficiles pour les finances des conseils régionaux. Principale raison : l’atonie des recettes face à des besoins d’investissement toujours importants. «Même si les régions restent des entités financièrement solides au regard d’autres collectivités locales, leur situation budgétaire devrait se détériorer et nous prévoyons une forte hausse de leur endettement » indique Christophe Parisot, directeur senior au sein du département finances publiques de Fitch.

Même si la hausse des dépenses de fonctionnement ralentit maintenant que les régions ont digéré les transferts de compétences entamés en 2004, l’agence de notation prévoit que certains postes continueront à croître, formation professionnelle (20% des dépenses régionales) où les besoins devraient rester importants compte tenu de la hausse du chômage,  transports (30% des investissements régionaux) dont la part devrait s’accroître encore en raison des grands projets engagés et des importants besoins de renouvellement des infrastructures et du matériel roulant.

Dans le même temps, les recettes, composées à plus de 70% de dotations de l’Etat ou d’impôts non dynamiques, vont connaître une évolution inférieure à l’inflation. Les régions ayant perdu quasiment tout pouvoir fiscal après la dernière réforme fiscale, ne pourront pas recourir à l’impôt comme elles l’ont fait entre 2004 et 2009. Conséquence : sauf à se replier sur leurs seules compétences obligatoires, les régions vont devoir emprunter.  Dans ce contexte, le dialogue Etat-régions, dans le cadre de la Commission nationale sur les déficits publics, risque d’être tendu .

La révision des bases se fera cette année ?

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Au début de ce mois de mars, au détour d’une réponse ministérielle à la question écrite posée par un parlementaire en mai 2009, le ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique, Eric Woerth, vient de confirmer que le gouvernement veut s’attaquer dès cette année à la réforme des valeurs locatives. Ah le beau serpent de mer que voilà ! Pour les non spécialistes, il faut savoir que nos impôts locaux, et principalement la taxe d’habitation, sont calculés en fonction de la valeur locative de notre logement. Cette valeur n’est pas établie en fonction des prix du marché de l’immobilier, de la valeur vénale de l’habitation ou du cours des loyers dans une ville. Il a été calculé dans les années soixante-dix en fonction de critères liés au confort et à la modernité. Ces critères sont aujourd’hui totalement obsolètes, la base de calcul est fictive, et, en conséquence, notre fiscalité locale est devenue parfaitement injuste.

Au début des années quatre-vingt-dix, dans un élan vertueux de justice fiscale, le Sénateur Jean-Pierre Fourcade, alors président du Comité des finances locales avait demandé une actualisation des bases. Un premier secrétaire d’Etat au Budget, Michel Charasse répondit positivement et on se livra alors à des simulations. Pour préparer cette importante réforme, l’administration fiscale rajouta sur la feuille d’impôts locaux des frais de modernisation des rôles que les contribuables continuent à payer. Mais la réforme de fut jamais appliquée. Trop risquée politiquement. Certains contribuables auraient vu leur impôt local décuplé tandis que d’autres s’en sortaient mieux. Mais il y avait fort à parier qu’on aurait surtout entendu les perdants de la réforme. Tous les responsables politiques qui ont eu peu de mémoire ou de culture, rappellent que La Dame de fer, Margaret Thatcher, a dû quitter sans gloire le 10 Downing Street, après l’échec de sa réforme de la Poll tax. Gagner la guerre des Malouines, faire céder les syndicats de mineurs anglais pour échouer sur la réforme de la taxe d’habitation, voilà qui est peu glorieux. Cela montre surtout que toute réforme de la fiscalité locale est un champ de mines.

En 1993, à la veille du Congrès des maires de France, j’interviewai un jeune ministre du Budget sur la fiscalité locale et il me répondit cette phrase qui aurait pu être historique : « La révision des bases se fera cette année ». Ce ministre est aujourd’hui président de la République et la réforme attend toujours. Son ministre du budget va s’y atteler. Mais Eric Woerth reste prudent. Il annonce qu’«une concertation préalable avec les représentants des collectivités territoriales sera ouverte très prochainement sous la forme d’un groupe de travail dont les conclusions devraient aboutir pour trouver une traduction législative en 2010.» Le gouvernement veut s’attaquer en premier lieu aux locaux commerciaux. La révision des bases se fera cette année. Vraiment ?

Les régions dépensent-elles trop ?

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La question revient systématiquement et elle a même tendance à devenir centrale. Les régions dépensent-elles trop ? Au cours des diverses interviews qui ont suivi la parution de mon dernier livre « Conseils régionaux la politique autrement » (Les Éditions du Secteur Public), les journalistes me posent régulièrement la question et s’inquiètent de la dépense des conseils régionaux. Le discours de Nicolas Sarkozy accusant les collectivités territoriales d’être trop dépensières fait son chemin. J’ai déjà eu l’occasion dans ce blog de dénoncer la suspicion qui entoure aujourd’hui l’argent des collectivités locales.La bonne question à se poser est surtout de savoir si les régions dépensent bien.

Les budgets cumulés des conseils régionaux sont passés de 19,5 milliards d’euros en 2005 à 27,7 milliards en 2009. Avec le transfert des TOS (techniciens ouvriers de services des lycées) de l’Etat aux régions, les dépenses de personnels ont considérablement augmenté, d’autant que le coût de ces transferts a été mal compensé par l’Etat.  Mais même à périmètre constant, oui, les régions ont dépensé davantage en investissement. Elles l’ont fait sur leurs compétences obligatoires avec, par exemple, des investissements massifs dans les transports ferroviaires, pour le renouvellement du matériel des TER (Trains express régionaux), mais aussi pour financer des infrastructures de l’Etat, telles les lignes TGV qui sans un apport financier des régions ne se serait pas faites. De même, aujourd’hui, on ne va pas reprocher aux régions de participer au Plan Campus, de rénovation et modernisation des universités.

Mais les régions vont parfois plus loin et assument sans complexe leur légitimité démocratique pour intervenir dans des politiques volontaristes. Quand la Région Aquitaine finance 4500 logements étudiants, elle sort de sa compétence mais elle fait face au manque cruel de résidences universitaires. Quand la Région Nord-Pas-de-Calais, participe pour 900 000 euros au lancement du film « Bienvenue chez les Ch’tis », les puristes poussent des cris d’orfraie. C’était une bonne dépense de communication pour un film qui fera plus de 20 millions d’entrées et a contribué durablement à l’image positive de la région nordiste. 

Le Kodex de Francfort

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Petite leçon de management public en provenance d’Allemagne. La ville de Francfort (photo) vient de se doter de nouvelles règles pour la gouvernance de ses entreprises publiques. Cette décision fait suite à une étude du cabinet KPMG qui montrait l’impact des grandes vagues de privatisation dans les communes allemandes  rendant flou le partage des responsabilités entre secteur privé et public. Les EPL (entreprises publiques locales) de Francfort devront intégrer des critères extra-financiers dans leurs politiques.

Dans un article publié sur le site de Novethic , Uwe Becker, responsable de l’administration économique et financière de Francfort explique que « Les entreprises détenues entièrement ou en partie par la municipalité de Francfort doivent remplir une mission de service public au service du bien commun, et ce, d’une manière durable. Elles doivent également en garantir la bonne tenue économique ».

Une directive intitulée « Public Corporate Governance Kodex » décrit la nouvelle gouvernance des Stadt Werke (EPL) de Francfort, le partage des responsabilités entre la présidence, la direction générale et financière de l’entreprise et avec le conseil municipal. Les structures managériales seront les mêmes pour toutes les EPL afin de mieux pouvoir comparer les performances. Les émoluments seront rendus publics. Les membres du conseil de surveillance ne viendront plus de la direction. Des pratiques de RSE (responsabilité sociale d’entreprise) vont être développées dans les services publics locaux.

Propriétaires impatients

syndicat-delectrification.1267600760.jpgDimanche dernier, près d’un million de foyers ont été privés d’électricité pour cause de tempête. Le soir même, 500 000 d’entre eux étaient à nouveau raccordés au réseau et mardi soir seulement 22 000 étaient encore sans électricité. Bravo aux équipes d’ERDF, la filiale la plus importante du groupe EDF. ERDF, Filiale gestionnaire du réseau de distribution qui garantit un accès sans discrimination au réseau, quel que soit le producteur d’électricité. ERDF, entreprise concessionnaire car il faut savoir qu’en France, les collectivités locales sont propriétaires des réseaux de distribution d’électricité basse et moyenne tension.

Ces collectivités propriétaires sont réunies dans des syndicats locaux d’électrification (souvent départementaux) aussi puissants que discrets, qui ont permis l’électrification de l’ensemble du territoire hexagonal depuis les années trente. Et les syndicats d’électrification sont eux-mêmes regroupés au sein de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) créée en 1934.

Pendant des décennies, EDF a été le seul patron de l’électricité en France, opérateur et planificateur, la vie des syndicats se résumant aux assemblées générales suivies de banquets… forcément républicains. Depuis la libéralisation de l’énergie, les élus locaux se sont rappelés qu’ils sont propriétaires et ils ont des impatiences vis à vis du concessionnaire. La FNCCR rappelle que « ces intempéries, certes violentes, ne sont pas exceptionnelles. »
 L’an dernier, c’étaient les tempêtes Klaus (1,7 million de foyers privés de courant) et Quinten (900.000 foyers). La Fédération dénonce  le manque d’investissements dans les réseaux de distribution d’électricité. La chute des investissements d’EDF puis ERDF dans les années 2000 est de l’ordre d’un milliard d’euros par an. Hors événements exceptionnels, le temps de coupure moyen a augmenté considérablement : 56 minutes de temps de coupure en 2004, 60 en 2005, 72 en 2006, 66 en 2007, 78 minutes en 2008.

ERDF enfouit les réseaux de distribution existant à hauteur de 1% par an. Les élus locaux demandent la reprise des investissements, chiffrant les besoins à 8 milliards d’euros en 8 ans. Une étude très complète a été faite sur ce sujet l’année dernière.  Qu’en pense Henri Proglio, nouveau patron d’EDF ?

La photo : inauguration en novembre 2009 de nouveaux bâtiments du Syndicat départemental d’électrification des Hautes-Pyrénées.

S’adapter ou périr

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Deux conduites du changement menées de façons diamétralement opposées. D’un côté, la Poste qui est devenue depuis le 1er mars une société anonyme à capitaux publics, au terme d’une réforme qui a duré à peine dix-huit mois. De l’autre côté, Total qui peine à préparer et à assumer les changements inévitables de son outil industriel.

Au siècle naissant d’Internet, l’activité postale n’est plus la même qu’au XIXème siècle. Alors la Poste s’adapte. Dernier exemple en date : la semaine dernière La Poste a été retenue, dans le cadre du consortium qu’elle a constitué avec Atos Origin, pour l’hébergement du DMP (dossier médical personnel), suite à l’appel d’offres lancé par l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asip Santé). Pour construire son développement la Poste recherche toutes les opportunités en cohérence avec ses métiers de service et son maillage territorial. A l’instigation de son président, Jean-Paul Bailly, elle travaille énormément dans la concertation. Depuis le rapport Prévost, en 1989, la Poste  explique les mutations auxquelles elle est confrontée, elle les anticipe.

A l’inverse, Total avance en solitaire. Le premier groupe industriel français, très fort à l’international, accumule les maladresses dans l’Hexagone, de l’Erika à la reconversion de ses sites industriels. Pourquoi la réforme honteuse ? Quand les Français utilisent des automobiles qui consomment moins d’essence, il n’est pas nécessaire d’être un grand prévisionniste pour s’interroger sur la surcapacité des raffineries françaises. Cela fait des années que le débat existe. Les besoins énergétiques en France restent énormes mais ils changent. Pourquoi faut-il importer de Chine des panneaux photovoltaïques, faute d’industriels français pour les produire ? Qui travaille sur les piles qui alimenteront les voitures demain ? Bolloré en Bretagne et pas Total dans le Dunkerquois.

Dénigrement

dassault_rafale_weaponry_dsc04186.1267266034.jpgL’offensive reprend. Après son numéro du 30 janvier au titre éloquent, Régions, la grande gabegie, le Figaro-Magazine, s’en prend maintenant aux fonctionnaires territoriaux. Dans son édition de ce 27 février 2010, Le journal du Sénateur Serge Dassault publie sur quatre pages les bonnes feuilles d’un livre, écrit anonymement par un fonctionnaire, administrateur territorial, avec ce commentaire en introduction : «  Beaucoup plus drôle et pas moins édifiant qu’un rapport de la Cour des comptes, Absolument dé-bor-dée ! narre les désillusions – sous pseudonyme et à peine romancées – d’une jeune fonctionnaire territoriale de catégorie A+. Extraits. »

Bien sûr ce livre caricatural, intitulé « Absolument dé-bor-dée ou le paradoxe du fonctionnaire » avec en bandeau-programme « comment faire les 35 heures en un mois » (dont je n’ai lu que les extraits parus dans le Figaro-Magazine) décrit un monde de turpitudes, de bétises et de bassesses, témoignage vérité sur la vie quotidienne dans les collectivités territoriales.

Ne nous y trompons pas. L’entreprise de démolition se poursuit. La cible de la fonction publique territoriale est idéale puisqu’elle cumule et résume les deux maux qui conduisent la France et ses finances publiques vers l’abîme : la décentralisation irresponsable et  la fonction publique aussi pléthorique que paresseuse. Heureusement que le Figaro Magazine nous montre les vrais sujets car le dernier rapport de la Cour des comptes est passé à côté de la plaque. Il s’intéressait cette année aux dérives de coûts des programmes d’armement.

Juridiciarisation Etat-collectivités territoriales.

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Dans le dialogue difficile entre l’État et les collectivités territoriales sur le transfert des moyens à proportionner au transfert de charges lors de nouvelles compétences déléguées, on assiste le plus souvent à un grand marchandage. L’État est champion dans ce jeu qui consiste à compenser le moins possible et le plus tard. Généralement, on temporise, on crée des commissions d’évaluation, le Comité des finances locales et les associations d’élus locaux se font médiateurs, le Sénat concocte les amendements nécessaires. Et, dans un ballet bien réglé depuis le début des années quatre-vingt avec le début de la décentralisation, on profite du débat budgétaire pour corriger les excès et compenser les manques à gagner.

Le garnement Arnaud Montebourg ignore ces règles du jeu feutrées. Le médiatique président du conseil général de Saône-et-Loire a trainé l’Etat devant les tribunaux. Il a gagné une première fois en décembre et il recommence cette fois avec l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), accusant l’État de ne pas tenir ses engagements.

La première affaire gagnée était simple : suite au refus du Premier ministre de créer le fonds de compensation de la protection de l’enfance prévu par la loi du 5 mars 2007, Arnaud Montebourg avait porté l’affaire devant la justice pour obtenir la création de ce fonds et le versement des 800 000 euros dus par l’État au département.  Le Conseil d’État lui a donné raison et enjoint le gouvernement de prendre le décret de compensation dans un délai de 4 mois sous astreinte de 500 euros par jour.

L’Assemblée des départements de France s’est réjouie de cette décision et la méthode Montebourg fait des émules. D’autres départements emboitent le pas au conseil général de Saône-et-Loire, mais cette fois, les choses sont plus compliquées. La loi créant l’APA en 2001 n’a fixé aucune contrainte à l’Etat, ni clause de revoyure en fonction de l’évolution des dépenses liées à l’APA. Or le nombre d’allocataires a explosé et la charge est bien lourde pour les budgets départementaux. Y aura-t-il une nouvelle jurisprudence Montebourg ?  Pour les juristes, rien n’est moins sûr car ce dossier est plus complexe que le précédent. Mais avec ces contentieux à répétition, on entre dans une étape imprévue de la décentralisation, avec une juridiciarisation inédite des relations entre l’Etat et les collectivités territoriales.

Etat exemplaire au féminin ?

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Chiche. Après le vote par les députés de la proposition de loi de la députée de Moselle, Marie-Jo Zimmermann, fixant l’objectif d’un quota minimum de 40% de femmes dans les conseils d’administration d’ici cinq à six ans, l’Association Grandes écoles au féminin (GEF), qui regroupe plus de 32 000 femmes diplômées des grandes écoles, demande que l’Etat élargisse la proposition de loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration aux grands corps de l’Etat, ainsi qu’à toutes les organisations et institutions qui bénéficient du soutien de l’Etat. Clarisse Reille, présidente de GEF, ancienne élève de l’E.N.A. et de Centrale, membre du Women’s Forum, s’en explique cette semaine dans une interview à La Lettre du Secteur Public . «L’Etat demande des évolutions aux entreprises qu’il doit s’appliquer à lui-même». Pour cette administratrice civile qui a fait l’essentiel de sa carrière à Bercy, c’est « une question fondamentale de vision sur notre société et notre fonctionnement. Comment est-il possible que les femmes, qui représentent la moitié de la population, soient absentes des postes de décision ? »

GEF propose que toutes les structures sur lesquelles l’Etat a une influence soient visées par les mêmes dispositions que les entreprises privées ou publiques : associations, GIE, GIS, établissements publics économiques, centres techniques industriels, centres professionnels économiques. Les femmes remarquent que ces organisations sont contrôlées par les grands corps où la mixité est, en général, encore très faible. C’est pourquoi GEF demande l’Etat accroisse la place des femmes dans les grands corps en pratiquant la parité totale pour les nominations au tour extérieur.

Après le vote à l’Assemblée nationale, c’est au Sénat de voter bientôt la proposition de loi Zimmermann. Michèle André , sénatrice du Puy de Dôme et présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes au Palais du Luxembourg, reprendra-t-elle les propositions de GEF ? Il faut savoir que la proportion de femmes parlementaires est plus élevée au Sénat qu’à l’Assemblée nationale. Alors, l’espoir, ou plutôt l’espérance, est ou sont permis, au féminin si possible pluriel.

La photo : Anne Chopinet, major de Polytechnique, défile sur les Champs-Elysées le 14 juillet 1972. Elle était une des sept premières femmes à entrer à l’École polytechnique.
Avant 1972, seuls les hommes y étaient admis. Aujourd’hui, Anne Chopinet préside l’ERAP, après avoir collaboré avec Jacques Chirac à la Présidence de la République.

Les pyjamas de Nancy

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Faut-il ouvrir les bibliothèques universitaires (B.U.) la nuit ? C’est un sujet sérieux qui renvoie à la question de l’adaptation des services publics aux besoins des usagers.
Il y a quelques jours, à Nancy, l’association étudiante « B.U. by night » a organisé une matinée pyjama à la bibliothèque de l’Université de Droit de Nancy pour demander l’ouverture 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 des B.U.
Les étudiants qui ont participé à cette opération ont distribué des prospectus dans les couloirs de la B.U. habillés en pyjamas et munis d’édredons, oreillers et peluches. La présidente de l’association, Hélène Rossinot, a précisé à l’AFP qu’ «Il n’y a quasiment qu’en France que les bibliothèques universitaires sont aussi peu souvent ouvertes» ajoutant : «Notre objectif final, c’est que les bibliothèques universitaires soient ouvertes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Certains nous disent que c’est irréalisable, mais on sent que les étudiants sont demandeurs».
Interrogé cette semaine par Livres-Hebdo, la revue de référence des professionnels du livre, Jérôme Kalfon, responsable de la B.U. de l’Université Paris-Descartes y est favorable. Il explique qu’il doit répondre aux demandes de nouveaux publics : «ceux qui suivent des formations professionnalisantes et ne peuvent venir qu’en dehors de leurs horaires de travail, des chercheurs venus d’autres villes.» Son problème : impossibilité de payer le personnel en heures supplémentaires le dimanche et la localisation des bibliothèques à l’intérieur des bâtiments universitaires. Son collègue de l’Université Lyon I veut aussi élargir l’amplitude des ouvertures : «l’Université et ses rythmes de vie évoluent et l’on se doit de les accompagner ; si on y réfléchit, il n’y a pas d’obstacles insurmontables» et d’observer : «les étudiants en médecine qui ont des concours à préparer et des horaires décalés à cause des stages en hôpital sont très demandeurs.» Mais lui aussi a un problème d’organisation, il devra parvenir à convaincre le personnel, organiser des astreintes et la présence de cadres. Bon courage !