Bâtir des régions résilientes

Après un XXème siècle qui fut le siècle des grandes guerres, on nous prédit un XXIème siècle qui sera celui des grandes catastrophes, environnementales, géologiques, industrielles ou sanitaires. Autant s’y préparer et s’adapter à ce contexte. L’OCDE a publié un rapport commandé par le gouvernement italien  sur le cas des Abruzzes, dont la capitale, L’Aquila, a été détruite par un tremblement de terre il y a quatre ans. Le rapport indique que la région devrait utiliser le vide crée par le séisme pour remédier au morcellement administratif, institutionnel et économique du passé. De nouvelles modalités de gouvernance (partage de l’information et actions publiques plus cohérentes) aideraient la région à dynamiser son économie, à promouvoir la croissance tirée par l’innovation en prenant appui sur le capital de connaissances et les compétences, et à refonder la conception de L’Aquila.

Les régions susceptibles d’être touchées par des désastres naturels ou qui subissent un déclin économique et démographique doivent se donner les outils pour être résilientes par rapport à ces enjeux. Le rapport de l’OCDE, en prenant l’exemple de la région des Abruzzes, invite les autorités à élaborer des politiques publiques basées sur l’innovation, le savoir, et l’ouverture à des capitaux extérieurs. Les recommandations du rapport peuvent guider les régions de tous les pays vers une croissance plus résiliente et les aider à assurer un suivi des pratiques exemplaires et améliorer le bien-être des collectivités locales après des catastrophes naturelles.

Huit recommandations sont formulées : planifier et engager un réaménagement dès que les besoins humanitaires immédiats sont satisfaits ; accroître la résilience du système régional avec une stratégie de développement intégrée et de l’adhésion des collectivités locales ; favoriser la coopération intercommunale et renforcer les capacités des administrations locales ; mettre en œuvre une stratégie d’innovation régionale ; améliorer les compétences et les faire coïncider avec les demandes du marché du travail ; accorder davantage de latitude aux forces vives de l’innovation ; protéger et promouvoir l’environnement naturel et le patrimoine culturel des Abruzzes, en assurant une offre touristique complète ; reconstruire L’Aquila sous la forme d’une cité créative et fondée sur le savoir.

Le scandale de la mendicité avec des bébés

Je relaie aujourd’hui le point de vue exprimé par Julien Damon dans le dernier numéro d’Actualités Sociales Hebdomadaires. Lisez-le et faites lire cet article aux responsables publics qui ne font rien pour que cesse le scandale de la mendicité avec bébé au pays des droits de l’Homme, dans les rues de nos grandes villes et singulièrement de Paris. Dans un pays qui dispose d’un arsenal législatif et réglementaire robuste sur la protection de l’enfance, comment peut-on laisser se développer de telles pratiques ?

Nous sommes tous responsables de ce déni de dignité humaine si nous laissons faire. Lâcheté pour nous qui passons devant ces gens, adultes et enfants, en détournant les yeux ou qui soulageons notre bonne conscience de pièces de monnaie qui entretiennent un système de traites des humains qui doit suffisamment « bien » fonctionner puisqu’il persiste. Impuissance d’agents de services sociaux, de policiers et de juges qui se trouvent bien seuls et démunis, si l’envie leur prend de s’attaquer au problème. Lâcheté ordinaire des citoyens et des responsables publics dans un pays où on s’émeut quotidiennement de tout pour ne rien régler durablement.

En ce début de XXIème siècle, en Europe, on ne peut pas tolérer ces pratiques avilissantes de mendicité, et encore moins lorsque des bébés en sont otages. Il faut que cela change. Le débat français sur la mendicité a été biaisé depuis quelques années par la polémique sur les arrêtés municipaux anti-mendicité. Ne pouvant pas prendre d’arrêtés  généraux, des maires de droite ont interdit la mendicité dans des zones de centre-ville commerçantes ou touristiques. Cela est apparu comme une mesure égoïste d’exclusion des pauvres. À ce qui était une posture sécuritaire pour certains maires de droite a répondu un réflexe pavlovien d’opposition des élus de gauche.  Comment peut-on défendre le droit à mendier dans le pays qui a inventé le RMI et dont le pacte républicain constitue un idéal émancipateur pour tout homme ? Vaste sujet mais concentrons-nous au moins immédiatement sur la mendicité avec des bébés qu’il faut faire cesser au plus tôt. C’est une juste cause qui mérite qu’on se mobilise.

French touch pour la “Silver economy“

Deux signaux dans l’actualité liés aux conséquences du vieillissement de notre société. 1. Les ministres Arnaud Montebourg, et Michèle Delaunay viennent de lancer la filière de la silver Economy (silver comme cheveux argentés), économie du vieillissement qui regroupe toutes les entreprises agissant pour ou avec les personnes âgées. 2. Le groupe français Orpea, leader européen de l’hébergement des personnes âgées annonce qu’il va ouvrir des maisons de retraite en Chine. L’expertise française en matière de prise en charge des personnes âgées dépendantes n’est plus seulement synonyme de dépenses sociales exponentielles. Le savoir-faire français peut aussi se transformer en centres de profit si on sait faire naître des champions mondiaux comme il en existe déjà dans le secteur des services avec Veolia ou Suez Environnement. Et puisque les ministres, en parlant de sylver économy, nous invitent à nous affranchir de notre devoir de francophonie, saluons l’émergence dans le secteur des services collectifs de champions du care après ceux des utilities. Vive la french touch !

En encourageant la structuration d’une filière de la silver economy,  les ministres du redressement productif et en charge des personnes âgées, veulent favoriser les échanges entre ces acteurs et « tracer une feuille de route pour cette filière émergente, ainsi que les perspectives de développement de ce marché en France en Europe et dans le monde, avec plus de 900 millions de personnes âgées ». L’objectif est de faire de la silver economy une filière d’excellence. Menés par un collectif d’acteurs réunissant entreprises, économistes, financeurs, les premiers travaux entrepris depuis septembre 2012 ont permis d’identifier différentes pistes d’action pour cet objectif : structurer l’offre des entreprises de manière à avoir une filière constituée de quelques grands groupes, plusieurs ETI (entreprises de taille intermédiaire), PME et startups ; faire émerger des réseaux de distribution ; donner aux entreprises les moyens de se développer et d’investir dans la Silver économy (fonds d’amorçage, normalisation AFNOR…) ; labelliser les meilleurs produits. En France, les personnes âgées de 60 ans et plus, au nombre de 15 millions aujourd’hui, seront 20 millions en 2030. Le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus sera multiplié par près de 4 en 40 ans passant de 1,4 à 4,8 millions d’ici à 2050. C’est bien un changement de société qui se produit avec l’allongement de la durée de la vie.

L’annonce faite par Orpea d’ouvrir des maisons de retraite en Chine témoigne de la bonne santé financière de quelques groupes français qui se tournent à l’international après leur réussite hexagonale. Aujourd’hui Orpea est le leader européen sur le marché de la dépendance. Il dispose d’un réseau de 431 établissements pour plus de 40.374 lits,  près de 30.000 en France  et 2.989 en construction. Près de 10 ans après ses débuts à l’international, et fort de son statut de leader européen, Orpea lance donc des projets d’implantations en Chine. Là-bas, le nombre de personnes de plus de 60 ans va être multiplié par 2,5 d’ici à 2050, passant de 185 millions à 450 millions, dont 30%, soit 150 millions, auront plus de 80 ans. Ce pays devra s’équiper massivement d’établissements médicalisés, adaptés à la prise en charge de la grande dépendance et des maladies neurodégénératives de type Alzheimer. Orpea fait le pari que même si la puissance publique chinoise prend en charge la plus grande partie de ces besoins, il restera encore une part de marché significative, notamment pour les personnes et les familles disposant d’un fort pouvoir d’achat et recherchant une offre de très grande qualité.

Des champions français de la prise en charge de la dépendance

À côté d’Orpea, d’autres groupes français comme Korian et Medica poursuivent leur croissance. Le marché domestique français est aujourd’hui stabilisé et son essor très encadré est lié aux schémas mis en oeuvre par les agences régionales de santé. Korian a achevé le mois dernier son OPA sur l’entreprise allemande Curanum, et grâce à cette croissance externe, il exploite aujourd’hui 35 000 lits dans 327 établissements : en France,  171 établissements avec près de 15.000 lits ; en Allemagne, 125 établissements pour 15 700 lits exploités et en Italie 31 établissements avec 4.350 lits. Dans ce tiercé de tête, il faut citer aussi le groupe Medica qui compte 220 établissements avec 16.500 lits dont 2.100 en Italie. Ces groupes se diversifient aussi sur d’autres métiers liés au grand âge, à la silver economy pour reprendre la terminologie ministérielle. Fin 2012, Orpea a ainsi pris une participation de 30 % de capital de Domidom, société spécialisée dans la prise en charge de la dépendance à domicile forte de 60 implantations sur le territoire français. La vieillesse devient décidément un big business.

Illustration : plus de 650 personnes ont assisté à Bercy au lancement de la nouvelle filière industrielle de la Silver Economy, à l’invitation d’Arnaud Montebourg et Michèle Delaunay.

 

Villes intelligentes, les conditions de la réussite

 

Le concept de ville intelligente, smart city,  a le vent en poupe mais il y a des écueils à éviter. Il ne s’agit pas d’un effet de mode, nous sommes invités à participer à une transformation de la vie urbaine et de sa gouvernance. La smart city est porteuse d’un ensemble de solutions aux problèmes posés notamment en terme de densification urbaine, de mobilité, de préservation de l’environnement ou d’adaptation au changement climatique. Toutefois, le développement des TIC au service de la ville soulève un certain nombre de questions qu’a mis en lumière une note récente du Commissariat général au développement durable (CGDD) :

– Crainte d’une perte de liberté individuelle et question de la préservation de l’intimité et de la confidentialité dans une ville où tout est enregistré et mémorisé. À qui appartiendront les données collectées ? Comment s’assurer qu’elles ne soient pas utilisées à des fins commerciales ou autres ?

– Risque d’émergence de nouvelles formes d’exclusion liées à la non-accessibilité aux TIC : exclusion basée sur des critères économiques mais aussi démographiques (âge) ou culturels.

– Absence d’appropriation de ces nouveaux dispositifs par les usagers du fait de la prééminence des logiques d’offre, sans que soient suffisamment pris en compte en amont les besoins et l’acceptabilité sociale de nouveaux dispositifs.

– Qui va payer quoi ? Si les financements liés aux « Investissements d’Avenir » ont permis en France de couvrir une partie des investissements pour certains programmes pilotes, la question du financement du fonctionnement des nouveaux services ou dispositifs reste posée, et le modèle économique de la ville intelligente reste encore à trouver.

Les auteurs de la note font remarquer que le modèle de la smart city véhiculé par les médias avec les exemples de Masdar (Émirats Arabes Unis) et Songdo (Corée du Sud) peut présenter une vision très instrumentalisée de la ville. Pour eux, la réussite de la smart city tiendra à « la capacité qu’aura la ville de devenir intelligente en mettant en place de nouvelles formes de gouvernance, en favorisant l’appropriation par les usagers de ces nouveaux dispositifs, en identifiant des modèles économiques viables qui en soutiendront le développement et en étant agréable à vivre ». Lors de la conférence Lift à Marseille en 2011, la sociologue américaine Saskia Sassen  résumait bien cela : « l’enjeu est d’urbaniser les technologies plutôt que d’utiliser des technologies qui désurbanisent la ville ». J’ai la conviction qu’une des conditions essentielles de la réussite pour les villes de demain réside dans la capacité des élus locaux à s’impliquer dans ces problématiques, ils sont garants du pacte social. Plus que jamais, le dialogue entre les maires, leurs équipes et les spécialistes de la high tech est indispensable, mais le dernier mot doit revenir à ceux qui ont la légitimité démocratique et sont les détenteurs de l’intérêt général. Les élus français ne sont pas les derniers à travailler sur ces sujets. De Lyon à Metz, de Lille à Grenoble, un nouveau modèle urbain est en train de germer. On en parlera à Innovative City Convention, à Nice, les 18 et 19 juin prochain.

Dans une interview dans Le Monde daté d’aujourd’hui, à la veille du voyage présidentiel de François Hollande en Chine, la maire de Lille, Martine Aubry, représentante spéciale du ministère français des affaires étrangère pour la Chine, vante le nouveau modèle urbain français : « la France a des éco-quartiers reconnus, pas seulement à Lille. Nous voulons montrer, en construisant de nouveaux quartiers en Chine, notre savoir-faire avec de grands groupes comme Suez ou Veolia, mais aussi avec d’autres acteurs dans l’ingénierie, le chauffage urbain, les transports, sans oublier nos urbanistes et nos architectes. D’où l’idée de proposer une offre globale ». La ville intelligente est aussi un enjeu pour le redressement productif de la France et ses exportations.

Illustration : projet de Julien De Smedt (architecte belgo-danois) pour un nouveau quartier de Shenzhen, qui ferait 888 m de haut et 5 millions de mètres carré, ville verticale et écologiquement autonome.

Innovative City Convention : la ville de demain s’invente aujourd’hui

Les 18 et 19 juin prochain, a lieu à Nice la deuxième édition d’Innovative City Convention. J’avais apprécié l’ambiance créative de cet événement lors de sa première édition et cette année le programme est encore plus attirant. À l’heure où tout le monde parle de la ville intelligente ou des smart grids, l’intérêt d’Innovative City Convention, c’est qu’on y rencontre ceux qui mettent vraiment en œuvre les solutions technologiquement intelligentes sur leurs territoires, en Europe, en Asie et en Amérique. La qualité de cette manifestation qui réunit développeurs, entrepreneurs, élus locaux et responsables urbains, c’est aussi de dépasser la fascination pour la high tech pour parler de la ville inclusive, de la ville pour tous. Comment les technologies de l’information renouvellent les stratégies d’innovation et d’attractivité des villes ? À Nice, on pourra en débattre avec les maires de Busan (Corée du Sud), Berkeley, Calgary ou Stockholm, et des élus de New Delhi, Barcelone ou Hangzhou. Les maires français ne sont pas en reste,  l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF) est le partenaire d’Innovative City. Aux côtés de tous ces élus et des cadres des grandes collectivités, on trouve les patrons des grandes entreprises qui développent des solutions innovantes qui transforment nos vies au quotidien : Siemens, Cisco, IBM. Bienvenue dans le XXIème siècle.

Pour autant, Innovative City Convention n’est pas une grand messe institutionnelle, tout cela se passe dans une ambiance pro-active et constructive. Pendant ces deux jours, on partage les expériences, on vient traquer l’innovation dans tous les domaines qui font la ville : innovation au service de la santé publique et du lien social, systèmes intelligents pour une meilleure mobilité urbaine, outils pour de nouveaux services en matière culturelles, développement des écoquartiers et de bâtiments intelligents pour réinventer la ville sur la ville, gestion des réseaux, eau, énergie… Les grandes thématiques de la gestion urbaine sont au programme.

Avant même de vous parler de villes intelligentes, vous l’aurez compris, j’aime cet événement qui rend ses participants intelligents, c’est à dire en capacité de comprendre les mutations en cours, afin de mieux maîtriser la complexité urbaine et relever des défis qui articulent maîtrise technique, demande sociale et exigence démocratique. J’y reviendrai dans de prochains billets de mon blog. Dans le contexte politique hexagonal dépressif qui nous cerne, j’ai envie de fixer avec vous les yeux vers des horizons plus exaltants pour la politique. Politique, cela veut bien dire organiser la cité. Alors prenons la politique au mot pour mieux vivre la ville.

Avant l’acte III de la décentralisation : entracte et impromptu

Aujourd’hui 17:46 : un communiqué de la ministre de la Réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique a été diffusé annonçant un changement de méthode  et de calendrier pour le projet de loi de décentralisation et de réforme de l’action publique. La présentation du projet de loi reste maintenue le 10 avril en conseil des ministres, mais son examen sera « réparti en trois parties distinctes, ayant chacune leur cohérence, et échelonné sur l’année 2013 ». Le communiqué ministériel précise qu’ « il ne s’agit en rien d’un report, le calendrier initial prévoyant déjà un examen entre la fin du mois de mai et la fin de l’année 2013 ». Las, s’il ne s’agit pas d’un report, cela y ressemble furieusement. Depuis octobre 2012, époque où la ministre déclarait que le projet de loi était écrit et prêt, le texte dans ses différents avant-projets a connu neuf versions, aucune ne satisfaisant les associations d’élus locaux. Aujourd’hui, Marylise Lebranchu déclare que les parlementaires viendront à bout de la réforme en 2013. Rien n’est moins sûr. Le calendrier est de plus en plus glissant au fur et à mesure qu’on se rapproche des élections municipales de mars 2014 et surtout des sénatoriales qui suivront en septembre. Les sénateurs socialistes n’oublient pas que la majorité a basculé au Sénat en 2011 au lendemain de la loi RCT (Réforme des collectivités territoriales) que les grands électeurs, élus locaux, n’avaient pas apprécié. Le coup de grâce a donc été donné vendredi par le président du Sénat. « Ce texte ne nous convient pas », a déclaré Jean-Pierre Bel, qui, prévoyant une bronca des sénateurs, a écrit au Président de la République pour lui demander de repousser après l’été le début de la discussion parlementaire. Le président du Sénat a même accepté, lors de la dernière conférence des présidents de la haute assemblée, l’inscription à l’ordre du jour de demain mercredi d’une proposition de résolution présentée par Jean-Claude Gaudin, président du groupe sénatorial UMP, relative au « respect des droits et libertés des collectivités territoriales ». Et le président du Sénat détaille le nouveau découpage  de la réforme en trois volets : un projet de loi métropolitain sera examiné par le Sénat dès ce printemps, un deuxième sur le rôle des régions « sera examiné dans quelques mois ». À propos du troisième volet, le président du Sénat est plus évasif ; ce texte « fera l’objet de nouveaux échanges et d’un travail préparatoire approfondi dans lequel le Sénat prendra toute sa part ».

Deux pierres d’achoppement conduisent les sénateurs de la majorité à une prudence très tactique : l’intercommunalité et la gouvernance régionale. Participant aujourd’hui mardi à la réunion du groupe sénatorial socialiste, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a donc trouvé cette voie de compromis  en saucissonnant la réforme en trois textes distincts. Là encore, l’histoire bégaie car c’est la méthode qu’avait employée le précédent gouvernement avec sa RCT dont le troisième volet n’avait jamais pu aboutir. La semaine dernière, le très pluraliste bureau de l’Association des maires de France (AMF) estimait que l’avant-projet de loi actuellement examiné par le Conseil d’Etat,  constituait « un texte technocratique où la réglementation l’emporte sur la confiance ». Pour l’AMF, « cet avant-projet de loi privilégie une conception institutionnelle verticale et hiérarchique de notre organisation territoriale et fait preuve d’une conception rigide et uniforme en matière d’intercommunalité ». L’AMF s’interroge aussi sur ce qu’il reste du principe constitutionnel de non tutelle entre collectivités et de subsidiarité. Les maires jugent que la réforme est porteuse de contraintes nouvelles : « là où l’AMF espérait une loi décentralisatrice et de liberté, allégeant les tutelles et valorisant les initiatives, L’AMF aurait préféré une approche s’appuyant sur la dynamique des politiques portées par le bloc communal, favorisant la croissance et la cohésion sociale, pour bâtir une nouvelle étape de la décentralisation ». Fermez le ban.

Les maires demandent une loi-cadre, concentrée sur l’essentiel, qui serait ensuite complétée des projets de loi spécifiques déjà annoncés par le gouvernement (urbanisme, logement, énergie…).  Il est vrai que le mastodonte législatif (124 articles dans la version 9 du projet de loi envoyé au Conseil d’Etat) est cerné par une constellation de projets de réforme en cours ou annoncés qui concernent directement l’organisation territoriale. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls achève actuellement le marathon parlementaire de son projet de loi sur les modes d’élections des conseillers départementaux (ex conseillers généraux), le mode d’élection par fléchage des conseillers communautaires et l’abaissement du seuil démographique pour le scrutin de liste aux municipales dans les communes rurales. La ministre du Logement et de l’égalité des territoires, Cécile Duflot, prépare un projet de loi logement qui aura un volet urbanisme et un autre projet de loi relatif à l’égalité des territoires. La ministre de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie, Delphine Batho, annonce un projet de loi sur la transition énergétique qui mobilisera les collectivités territoriales. Et demain en conseil des ministres sera présenté le projet de loi de limitation du cumul des mandats. Faut-il ajouter à la liste la refonte annoncée de la loi hôpital patients et territoires, la réforme de la dépendance et l’application mouvementée des nouveaux rythmes scolaires dont l’impact territorial n’est plus à démontrer ?

Coup de théâtre, 30 ans après l’acte 1 de la décentralisation, l’acte III s’ouvre donc par un entracte en forme d’impromptu. Pendant que l’Etat central est à la peine dans son effort de réforme, quelques territoires s’ébrouent pourtant. La banquise va-t-elle commencer à fondre ? Les électeurs alsaciens se prononcent par référendum dimanche prochain sur la création d’un conseil d’Alsace réunissant les deux conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin avec le conseil régional dans une seule collectivité. Mais, pour valider le projet, le nombre de « oui » devra être au moins égal au quart des électeurs inscrits. D’autres initiatives fleurissent. Les élus lyonnais préparent la création de la métropole de Lyon qui va reprendre les compétences du département du Rhône sur le territoire de l’actuelle communauté urbaine. En région Centre, les présidents de conseils généraux du Loiret, Loir-et-Cher et Eure-et-Loir vont signer le 8 avril à Romorantin un projet de mutualisation pour une série de compétences et services partagés. Les responsables des départements du Nord et du Pas-de-Calais ont indiqué qu’ils envisageaient un « PACS », selon le mot du président du Nord, Patrick Kanner. Une séance commune des deux assemblées est programmée le 4 juillet, pour inaugurer durablement une pratique de collaboration. En Bretagne, deux groupes politiques du conseil régional (EELV et autonomistes) réclament la fusion des quatre départements. S’exprimant devant les préfets en juillet 2012 à propos de la future réforme de décentralisation, le Premier ministre évoquait les intérêts contradictoires des élus locaux. L’ancien maire de Nantes avait déjà la pleine conscience de la difficulté de la tâche. Mais s’il est si difficile de réforme ce pays depuis Paris, la réforme “bottom up“ est peut-être en marche. Tournons le regard vers Strasbourg, Lyon ou Romorantin pour écouter la petite musique des territoires.

Qui a peur de l’université portugaise de Béziers ?

 

Raymond Couderc, sénateur-maire de Béziers, a annoncé l’ouverture dès la rentrée 2013 d’une antenne du centre universitaire privé Fernando-Pessoa, qui proposera dans sa ville, à la rentrée prochaine, cinq formations : médecine dentaire, orthophonie, physiothérapie, architecture et urbanisme, sciences humaines et sociales. 190 étudiants  sont prévus dès la 1re année, « 600 environ dans deux à trois ans », selon l’élu biterrois. Une formation de médecine est envisagée dans quelques années. Le centre universitaire privé Fernando-Pessoa est déjà implanté à Toulon et délivre des diplômes portugais reconnu par l’Europe, créant une polémique avec certains syndicats d’universitaires français et la plus grande réserve de la ministre française de l’enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso.

Béziers compte déjà 2.500 étudiants. Les nouveaux élèves seront accueillis dans les locaux d’un ancien IUT. Le maire fait remarquer que les diplômes délivrés par le centre Fernando-Pessoa sont portugais, « mais reconnu par l’Europe, ce qui permet d’exercer sa profession sur le sol français ». Pour Raymond Couderc cette implantation permettra de garder en France des étudiants qui aujourd’hui « s’exilent en Belgique, en Allemagne voire en Roumanie, pour ensuite s’installer en France. Autant qu’ils se puissent se former sur notre territoire », ajoute-t-il. Cette implantation montre les limites du système français de numerus clausus pour les formations médicales et paramédicales. Pour les partisans de la future antenne universitaire, c’est aussi une réponse au déficit de professionnels de santé et à l’apparition des déserts médicaux dans notre pays. Enfin, cela renforce l’attractivité de Béziers et consolide le pôle de formation de cette ville de 71.000 habitants.

Lundi dernier, 25 mars, la séance du conseil municipal de Béziers a été animée. Le leader de l’opposition socialiste Pierre Callamand, s’est déclaré opposé au projet. Ce médecin, chef du service pédiatrie à l’hôpital de Béziers, a demandé solennellement au maire de « ne pas poursuivre dans la voie du soutien à ce projet » Il a rappelé que la formation publique française « évite une sélection par l’argent ».  Adjoint au maire de Béziers, député UMP, et lui aussi médecin hospitalier, Elie Aboud assume cette installation : « Aujourd’hui, 20 à 25% de praticiens sur le sol français sont qualifiés avec un diplôme européen ou hors communauté européenne. En d’autres termes, l’étudiant français part pour trois fois plus cher étudier en Espagne, en Belgique ou au Portugal et revient en France pour exercer. Tout le monde se taisait car le problème ne se trouvait pas sous nos yeux. Cette université dit juste aux étudiants ayant raté leur 1ere année : « ne partez pas ! »

À la demande de la ministre de l’Enseignement supérieur, le recteur de l’Académie de Montpellier, Christian Philip, a émis un avis défavorable à l’installation du centre universitaire portugais à Béziers. Dans un communiqué le 22 février, la ministre Geneviève Fioraso, rappellait qu’elle a déjà pris position dans le même contexte à Toulon en décembre dernier : « si, malgré cet avis négatif émis, cette installation était confirmée, la ministre demandera au recteur de signaler les faits auprès du procureur de la République, comme cela avait été fait, auprès du procureur de la République de Toulon à l’occasion de l’installation d’une antenne française de l’Université Fernando Pessoa. » En réalité, la seule faille repérée par le ministère lors de l’implantation de l’antenne toulonnaise de Fernando-Pessoa était utilisation jugée abusive du mot « université » et le défaut de demande d’accord préalable. Tout cela ressemble à un baroud d’honneur car la ministre ne peut pas interdire ces formations. Pour respecter la législation, les étudiants feront leurs stages pratiques au Portugal et auront donc un diplôme qui ne sera pas délivré en France. Les diplômes délivrés seront portugais, donc européens et valables en France. Les responsables français de l’antenne de Fernando-Pessoa ont déjà fait savoir qu’ils étaient prêts à renoncer au nom « université » pour s’appeler tout simplement « universidade ». Et si le gouvernement français persistait dans ces poursuites, ils n’hésiteront pas à saisir la Cour de justice des communautés européennes pour discrimination. Toulon et Béziers pourraient faire des émules dans les villes françaises avec d’autres universités européennes.

 

Bien vieillir dans nos villes

Quel âge aurez-vous en 2035 ? Cette date est l’horizon que nous proposent les auteurs d’une note d’analyse du C.A.S. (Centre d’analyse stratégique, l’ex-commissariat général au Plan qui devrait à nouveau changer d’appellation prochainement pour devenir le Commissariat à la stratégie et à la prospective) sur le thème « Comment la ville peut-elle accompagner le vieillissement en bonne santé des aînés ? ». En 2035, les personnes ayant 60 ans ou plus devraient représenter 31 % de la population française et celles âgées de plus de 75 ans, 13,6 % (contre respectivement 21 % et 8,5 % en 2007). Le nombre de personnes âgées dépendantes augmentera d’un tiers. L’adaptation de l’espace urbain, au-delà de celle du logement, est donc indispensable pour répondre à cette évolution.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé en 2010 le réseau “Villes-amies des aînés”. En France, une dizaine de villes de tailles diverses (Angers, Besançon, Dijon, Lille, Limonest, Lyon, Rennes, Nice, Quimper…) ont été certifiées membres du réseau, elles ont réalisé un audit urbain qui répertorie les points à améliorer pour mieux répondre aux besoins des personnes âgées. Aujourd’hui, ce réseau de l’OMS rassemble plus d’une centaine de villes, réparties dans dix-huit pays. En Europe, au Japon ou en Amérique du Nord, des initiatives sont prises pour l’inclusion sociale des aînés et l’aménagement de l’espace urbain. Les responsables territoriaux français devraient systématiquement intégrer cette dimension dans leurs projets. Quelles sont les principales caractéristiques d’une ville adaptée à une population vieillissante ? C’est idéalement une ville dense, qui réalise de multiples “microadaptations” pour assurer une libre circulation des usagers, qui incite les aînés à être en activité, à rester en bonne santé et à participer aux projets de transformation des villes, répondent les auteurs de la note du C.A.S., Catherine Collombet et Virginie Gimbert. Elles recommandent de mettre en place au niveau des villes et des intercommunalités une démarche dynamique de “micro-adaptations” (voirie, transports, mobilier urbain, accessibilité et caractère accueillant des commerces et services). La participation des aînés est essentielle pour identifier les adaptations nécessaires.

L’aménagement urbain doit être orienté pour permettre à la personne âgée d’être mobile et de participer à des activités sociales le plus longtemps possible. Cela concerne un accès facilité  aux services de proximité, aux soins, des transports et des aménagements de voirie mieux conçus. Cela peut passer aussi par un recensement des zones favorables au vieillissement où les bailleurs pourront mener des opérations d’adaptation des logements et ne pas craindre la densification de l’habitat. Pour l’instant en France, il n’y a pas comme aux Etat-Unis de lobbies de vieux très puissants qui mettent au pas les pouvoirs publics. Si rien n’est fait, ce lobby s’organisera chez nous. Mais avant d’arriver là, prenons simplement conscience que nous sommes tous concernés, c’est du moins ce que je vous souhaite : bien vieillir dans nos villes.

Les entreprises à la recherche de l’intérêt général

Si aujourd’hui tout le monde sait bien à quoi sert une entreprise, on a plus de difficultés à définir ce qu’est l’intérêt général. Les frontières sont devenues poreuses. Le secteur public n’aurait plus le monopole de l’intérêt général. Sa prise en compte par les entreprises ne serait pas qu’un artifice de communication mais leur intérêt bien compris, à travers leur responsabilité sociale, la satisfaction de ses clients et la bonne santé de l’environnement dans lequel elle évolue. L’intérêt général peut aussi être au cœur de ses métiers quand il s’agit d’entreprises qui exercent des missions d’intérêt général. Ce livre d’entretiens, Intérêt général, Que peut l’entreprise ?,  coordonné par le sociologue Julien Damon, est construit à partir d’une série de dialogues entre des responsables d’entreprise et des décideurs publics qui sont à la recherche du sens de l’intérêt général et conscients de leurs responsabilités sociales.

Ces dix dialogues sont divers mais tous très instructifs. Le patron de Veolia parle d’entreprise et pauvreté avec la magistrate Nicole Maestracci qui était présidente de la FNARS, la Fédératon nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (nommée récemment membre du Conseil constitutionnel). Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, échange avec le maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, sur le thème entreprise et territoire. La directrice générale de l’AP-HP, Mireille Faugère, débat avec Jean-François Pilliard, président de l’Union des industries de la métallurgie à propos de l’entreprise et du service public. Protection sociale, formation, diversité, insertion, qualité de vie, démocratie et santé sont les autres thèmes abordés dans les dialogues de ce livre qui sont tous de bonne qualité, loin des stéréotypes.

En introduction, Julien Damon, estime que « RSE et développement durable, avec leurs incarnations variées, comptent assurément parmi les défis fondamentaux de l’entreprise du XXIe siècle, que cela soit légitime ou forcé ». Il remarque qu’ »en termes d’intérêt général, le secteur public et ses agents n’ont pas le monopole de la vertu, tout comme le secteur privé et ses dirigeants n’ont pas celui du vice. La période est à l’hybridation croissante entre un secteur privé qui se publiscise et un secteur public qui se privatise dans le cadre, par exemple, du développement des délégations de service publics et des partenariats public-privé ». Il n’est donc pas étonnant qu’on trouve surtout dans ce livre des dirigeants d’entreprises publiques ou délégataires de service public.

Ouvrage dirigé par Julien Damon, sociologue, professeur associé à l’IEP de Paris, dirigeant de la société Éclairs. Membre du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les politiques publiques sociales et la lutte contre l’exclusion parmi lesquels Éliminer la pauvreté (PUF, 2010), Des villes à vivre (Odile Jacob, 2010), L’exclusion (Que sais-je ? PUF, 2008), La Question SDF. Critique d’une action publique (PUF, 2002).

Éditions Les Belles Lettres. Collection Manitoba. 174 pages. 19,50 €
ISBN : 978-2-251-44903-6

Les Pyrénées-Atlantiques, laboratoire de la modernisation des politiques publiques

La MAP, modernisation des politiques publiques, il y a ceux qui en parlent et ceux qui la font. J’étais hier à Bayonne où le sénateur Georges Labazée, président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, signait une charte d’engagements partagés sur les politiques de la jeunesse avec le préfet du département, Lionel Beffre, et les représentants du conseil régional d’Aquitaine, des caisses d’allocations familiales (CAF), des caisses primaires d’assurance primaire (CPAM), de la Mutualité sociale (MSA), de l’Université Pau – Pays de l’Adour et des services de l’Education nationale (DASEN). Cette charte n’est pas un catalogue de bonnes intentions écrit en langue de bois administrative, mais bien un document qui oblige ses signataires à changer de logique d’interventions, à sortir de la culture des « silos » ou « tuyaux d’orgue des politiques publiques », pour « co-construire » leurs interventions sur des enjeux très concrets comme le logement des jeunes, la santé, la formation et l’insertion, la mobilité, la participation à la vie publique.

Cette charte d’engagements partagés a été préparé par un comité de pilotage où tous les signataires étaient représentés et ont pu mieux comprendre les logiques des autres acteurs publics, collectivités, administrations ou organismes sociaux. Quand Dounia El Guasmi, pour la CPAM – qu’elle place dans un rôle d’assureur social et pas seulement de guichet – ,  explique les problèmes de santé des jeunes ou la méconnaissance de leurs droits, on comprend bien toutes les répercussions qu’il peut y avoir avec les interventions sociales du conseil général. Quand Marie-Pierre Cabanne, pour le conseil régional, parle du réseau seconde chance, ou que Fabrice Rousseau adjoint au DASEN, décrit les dispositifs de lutte contre le décrochage scolaire, on en perçoit l’incidence pour ceux qui éviteront peut-être de se retrouver demain au guichet RSA du département. Les exemples sont très nombreux pour montrer l’intérêt non seulement de mieux articuler les politiques publiques, mais aussi d’aller vers des mutualisations, vers des politiques systémiques en partant des besoins des publics auxquelles elles s’adressent. Dans les politiques menées sur le département, cela doit se traduire par des diagnostics partagés et des interventions coordonnées. Le DDCS (directeur départemental de la cohésion sociale) Frank Hourmat, qui a vécu dans son service déconcentré de l’Etat la fusion de plusieurs administrations, explique aussi qu’il y  a un enjeu d’efficience des politiques publiques, à l’heure où l’argent public est plus rare : « on dit Etat moderne, Etat modeste : Eh bien nous sommes de plus en plus… moderne », conclut-il non sans humour. Les acteurs locaux ont conscience que, maintenant, il leur faut faire vivre cette charte qui s’inscrit dans la dynamique des assises de la jeunesse initiées par le département. Le jeune conseiller général, Arnaud Villeneuve, qui pilote l’initiative avec la directrice de la jeunesse, Marie-Odile Rigaud, insiste aussi sur la nécessité de construire ces politiques publiques avec ceux à qui elles s’adressent. Au cours d’ateliers et de journées de la jeunesse qui se sont déroulées dans plusieurs lieux du département, il a écouté les demandes et comprend la distance qui sépare trop souvent les jeunes de la vie publique et des institutions. Pour lui, « il faut sortir d’une politique d’assistance, voire d’assistanat. » Lors de ces assises, le sociologue Vincenzo Cicchelli, spécialiste de la jeunesse, a appelé les acteurs publics à sortir aussi d’une attitude d’urgentiste pour comprendre que la jeunesse est une ressource.

Après avoir passé la journée avec ces acteurs publics, signataires de la charte, j’y vois un bon exemple de ce que Olivier Pastré, professeur d’économie à l’université Paris-VIII, appelle « l’économie bottom-up », titre de son dernier livre. Pour cet économiste, la France d’en bas, on la regarde de loin et on la traite d’en haut. Or, les réformes verticales descendantes ne fonctionnent plus, il faut repenser la réforme du bas vers le haut, du micro vers le macro. Dans l’actualité politique, il n’y a qu’à voir l’archaïsme du pilotage de la réforme des rythmes scolaires pour en trouver une illustration. À la différence de son collègue de l’Education nationale, Vincent Peillon, Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, est assez attentive à la modernisation du management des politiques publiques. Elle s’est rendue récemment à Copenhague, accompagnée d’une délégation de La 27e Région, laboratoire de transformation publique développé par l’Association des régions de France (ARF) et a visité là-bas le « Mind lab », labororatoire pour l’innovation des politiques publiques. Elle a annoncé la mise en place en France d’ici la fin 2013 d’un laboratoire de l’innovation des politiques publiques dans le cadre de la modernisation de l’action publique, sur le modèle danois. Après son voyage à Copenhague, conseillons lui de venir à Pau pour tirer les leçons de la méthode basquo-béarnaise.