Smart grid à tous les étages

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Habituez-vous à ce nouveau vocable. Le smart grid va s’étendre à tous les domaines de gestion des services publics qui doivent être plus économes de la ressource et mobiliser l’intelligence numérique pour une meilleure attribution du service avec une mise en réseau des acteurs. Au départ, le smart grid sert à qualifier un réseau de distribution d’électricité « intelligent » qui utilise des technologies informatiques de manière à optimiser la production et la distribution et mieux mettre en relation l’offre et la demande entre les producteurs et les consommateurs d’électricité. L’objectif est clair : on économise l’énergie, on sécurise le réseau et on peut réduire les coûts. Compétitivité et lutte contre le dérèglement climatique en sortent vainqueurs.

Le smart grid repose sur un grille informatique (en anglais, grid), infrastructure virtuelle constituée d’un ensemble de ressources informatiques potentiellement partagées, distribuées, hétérogènes, délocalisées et autonomes. Il met en réseau producteurs et utilisateurs pour un meilleur ajustement de la production et de la consommation d’électricité, avec les avantages suivants : diminution des pics de consommations, intégration au réseau facilitée pour un bouquet de sources d’énergie propre, mais souvent irrégulières telles que les éoliennes, les panneaux solaires domestiques ou la petite hydraulique.

Cette logique de smart grid est désormais déclinée dans le domaine de la distribution de l’eau. Veolia Eau et Orange viennent de créer la société m2o city, opérateur de services de télérelevé de compteurs d’eau et de données environnementales. m2o city sera un opérateur spécialisé dans les services de télérelevé des compteurs d’eau et de données environnementales et pourra collecter, outre les informations issues des compteurs d’eau, celles de capteurs environnementaux répondant aux attentes des collectivités. Objectif : 5 millions de compteurs équipés dans dix ans.Cela commence par un banal relevé de compteur d’eau mais, présentant la nouvelle structure, Jean-Michel Herrewyn, directeur général de Veolia Eau a donné un aperçu des enjeux : « m2o city développe un nouveau métier, celui d’opérateur de service de télérelevé au bénéfice de la ville durable, Veolia Eau utilisera le service de télérelevé de compteurs d’eau de m2o city pour améliorer la qualité du service rendu aux consommateurs, optimiser la performance du service de l’eau et, ainsi, mieux préserver la ressource. » Outre les informations issues des compteurs d’eau, le réseau de m2o city pourra aussi récupérer des informations à caractère environnemental et développer de nouvelles applications sur le marché de la ville intelligente (smart city), où des capteurs vont collecter des informations à destination des collectivités territoriales en vue de les aider à optimiser le cadre de vie collectif et l’utilisation des ressources environnementales, dont l’eau n’est qu’un élément.

 Aujourd’hui c’est l’eau qui est concernée après l’énergie. Demain, le smart grid concernera peut-être la mobilité urbaine ou la restauration scolaire…

La décentralisation contre le tout nucléaire

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Le nucléaire prospère dans les États centralisés et les énergies alternatives dans les pays décentralisés. C’est l’analyse d’Alain Rousset, président de l’ARF (Association des régions de France) qui l’a écrit dans un courrier au Premier ministre, François Fillon: « L’examen des modèles énergétiques des grands pays industrialisés montre que l’énergie nucléaire est particulièrement développée dans les pays de tradition centralisée avec un État fort qui a longtemps dirigé ou pèse encore fortement sur la politique industrielle (France, Suède, Royaume-Uni, Japon ou encore Chine). A contrario, les énergies renouvelables sont nettement plus développées dans les États fortement décentralisés dont le modèle économique repose sur un tissu de PME dynamiques (Allemagne, Espagne, Italie) ».

Actuellement, seulement 7% de l’énergie produite en France provient d’une source d’origine renouvelable. Pour rattraper ce retard, le Gouvernement s’est engagé, dans le cadre du Grenelle de l’environnement à atteindre 20% en 2020. Le président de l’ARF propose au Gouvernement de s’appuyer sur les régions. Or, début 2011, « un véritable coup d’arrêt vient d’être porté à la filière photovoltaïque, estime Alain Rousset. Le nouveau cadre réglementaire publié le 5 mars est en effet décrié par l’ensemble des acteurs du secteur alors même que beaucoup de projets étaient en cours. » Pour le président de l’ARF, les régions ont un rôle majeur à jouer à l’instar des Länder allemands ou des communautés autonomes espagnoles, avec une approche de bouquet énergétique.

Ainsi, Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes, a annoncé la création d’une SEM régionale  »d’ici l’été », doté d’un plan d’investissement permettant d’atteindre 1000 MW en 2020.  »Cela va favoriser la fabrication française de panneaux et stabiliser le prix de l’énergie produite, en le rapprochant du prix du marché », selon elle. Les crédits du Plan énergie solaire régional, lancé en 2009 seront  »mobilisés pour financer les premiers projets de la SEM », a-t-elle ajouté. Ce plan est doté de 400 millions d’euros sur 2009-2012. Poitou-Charentes complète ainsi son dispositif après la création d’une SPL (société publique locale) qui accueillera à Châtellerault un pôle d’entreprises éco-industrielles de la filière photovoltaïque.

La grande misère des musées français

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Le succès de l’exposition Monet qui a accueilli plus de  900.000 visiteurs à Paris ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. « Trop de musées sont en situation de grande précarité », déclare Christophe Vital, président de l’AGCCPF, l’Assemblée générale des conservateurs de collections publiques de France qui vient de publier un livre blanc sur la situation alarmante des musées de France. Dans une interview à la Lettre du Secteur Public , ce conservateur explique que « 60 % des établissements n’emploient pas plus de 4 agents, 73 % ont moins de 30.000 visiteurs par an. Le coût moyen des expositions au Grand Palais est de 2,4 millions d’euros, contre dix fois moins en région. Cette économie de marché gagne le secteur et le fragilise. Sur les 400 millions d’euros attribués par le ministère de la Culture aux musées, seulement 10 % vont aux musées territoriaux. »

Les conservateurs de musée sont inquiets. Ils estiment que dans le contexte économique et financier actuel, le secteur culturel est plus vulnérable et les musées sont les premiers touchés par les restrictions budgétaires. Les réformes successives font que l’État a moins de poids et de pouvoirs sur les musées. Enfin, la réforme territoriale soulève beaucoup d’interrogations. « Si je prends l’exemple des conservations départementales, on ne sait pas ce qu’elles vont devenir dans le futur champ de compétences des départements », constate Christophe Vital, « il y a 1.200 musées, labellisés « musées de France », selon la loi de 2002. Cela constitue un maillage important pour nos territoires. Mais cela correspond à une grande diversité. C’est à la fois la richesse et la faiblesse des musées, avec la différence entre les grands musées dotés de moyens importants et des petits musées qui ont peu de moyens et un nombre de visiteurs très faible. »

Autre motif d’inquiétude : on ne forme pas assez de conservateurs et de personnels qualifiés. « Nous allons assister à des départs massifs en retraite et ces personnels ne sont pas remplacés, on ne forme pas assez de conservateurs. Il faut que l’État fasse respecter la loi dans le domaine des recrutements. Nous demandons aussi que l’État redéfinisse son rôle, ait une action péréquatrice pour que des musées qui sont actuellement en souffrance, notamment dans des villes moyennes, fassent l’objet d’un soutien sous forme contractuelle. On s’intéresse peu aux coulisses des musées, on privilégie les expositions aux dépens des réserves et de la conservation des collections », conclut le président de l’ AGCCPF.

Vive la proximité

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C’était il y a quelques jours, dans la Salle Victor Hugo à l’Assemblée nationale. Lors des premières Assises de la proximité, organisées avec les parlementaires, membres du Conseil stratégique du commerce de proximité, Jacques Marceau a lancé le Manifeste des services et commerces de proximité.Ces rencontres ont été l’occasion de vérifier que la France des petites villes et des villages n’est plus celle que les clichés nostalgiques continuent à propager.Les services de proximité se réinventent, pas seulement les grands services publics qui réorganisent leurs réseaux, comme la Poste, mais l’ensemble des services et commerces qui constituent l’armature de l’économie de proximité. Et cette proximité est compatible avec Internet…

Olivier Babeau, professeur à Paris-Dauphine, a bien montré qu’on peut espérer « un retour du coin de la rue » car « notre économie est aujourd’hui moins faite sur le produit que sur le service ».Et il cite cette définition de l’artisan faite par Assan Zaoual, spécialiste de la socio-économie de proximité : « l’artisan n’est pas un homo economicus tel que le pense le savoir économique classique. L’artisan est un homme territorial, c’est-à-dire multidimensionnel. Son but n’est pas de maximiser le profit mais de vivre en harmonie avec son environnement. L’artisan a donc une responsabilité sociale que n’ont pas les grandes entreprises et la sphère financière. » Les élus locaux présents, Jean Girardon pour l’Association des maires de France, et Vanik Berberian, président des Maires ruraux, ont insisté sur cette nécessité de remettre de l’urbanité dans les centres villes et de consolider des équilibres souvent fragiles.

Le e-business peut aussi venir en appui à l’économie de proximité. Le député de Nièvre, Christian Paul, expliquait fort justement que de nouvelles communautés sociales en ligne se créent autour de la proximité. Il vient de recruter pour le Nivernais, un spécialiste du web-marketing. Des entreprises comme le Groupe Pages jaunes, proposent de nouveaux moyens de géolocalisation et les créations de sites Internet pour les TPE et PME pour moins de 1.000 €.Car les entreprises françaises sont encore en retard : 26 % seulement ont un site Internet (plus de 50 % chez nos voisins européens). Le buzz au service de la proximité fonctionne bien. Aux acteurs de l’économie de proximité de s’emparer de ces nouveaux outils pour faire vivre leurs territoires.

Soleil vert

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Installer 270 000 retraités européens dans le Sahara marocain. Que faut-il en penser ? C’est un dossier de presse que j’ai reçu récemment. Il présente le projet Morocco Riviera qui se situera dans le sud du Maroc: « Ce projet s’inscrit dans un environnement écologique et naturel incomparable et exceptionnel : près de 8 km de plage avec du sable d’une blancheur immaculée, une vue imprenable. » Et l’argumentaire se poursuit ainsi : « Morocco Riviera est un projet immobilier avec des maisons de retraite médicalisées, à vocation sociale et environnementale durable, pour des seniors européens et au bénéfice de la population marocaine sahraouie (…) La capacité immobilière du projet,s’étendant sur 15 ans et en trois phases, permettra la venue de 270.000 retraités senior européens. »

Les promoteurs du projet estiment que Marocco Riviera générera plus de 30.000 emplois directs et indirects. « L’ambition d’ALG & LIBRA Capital Ltd est de faire passer ce site d’une économie primaire en panne à une économie tertiaire et industrielle, renforçant l’attractivité dudit site et de la région, tout en s’inscrivant dans le droit fil des Hautes Directives De Sa Majesté Le Roi Mohamed VI, pour un développement durable des provinces sahariennes du Maroc », explique le dossier de presse. Le mécanisme financier du projet a été confié à des institutions suisses par des bailleurs de fonds de l’émirat d’Abu Dhabi et du sultanat d’Oman. Le projet est entièrement vert : écomobilité, qualité environnementale des bâtiments,respect d’une charte écologique.

De l’autre côté de l’Atlantique, aux USA, ce concept de villes pour seniors fonctionne à plein. Les retraités américains de Boston ou Chicago vont réchauffer leurs vieux os en Floride. La rive sud de la Méditerranée et maintenant le Sahara vont-ils connaître le même phénomène ? Nos maisons de retraite vont-elles migrer au sud, où la main d’œuvre est moins chère et le soleil plus clément. J’animais il y a quelques semaines au Palais des congrès de Paris, lors du SIMI, un débat sur l’immobilier de service et les établissements pour personnes âgées. Le président d’un des principaux groupes français d’hébergement pour personnes âgées constatait que, si les jeunes retraités apprécient de s’expatrier au soleil, ils reviennent en France plus près de leurs enfants au moment du grand âge, des problèmes de santé et de la dépendance.

Casinos : rien ne va plus

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La vente, cette semaine, par Accor de sa participation dans le GroupeLucien Barrière attire l’attention sur une catégorie atypique de délégataires de service public. Après un échec d’entrée en bourse de Lucien Barrière, en octobre dernier, le groupe Accor a eu des difficultés à réaliser cette cession et, finalement, c’est la holding financière Fimalacqui le remplace comme actionnaire de référence du leader des casinos en gestion déléguée pour les collectivités territoriales françaises avec 33 établissements et une part de marché de 31 % .La difficulté de réalisation de cette vente témoigne du repli de l’activité des casinos. En France, l’exploitation des casinosest réservée aux stations balnéaires, thermales et climatiques, ainsi qu’aux villes touristiques de plus de 500 000 habitants disposant d’un centre dramatique national ou d’une scène financée pour plus de 40 % par les collectivités territoriales. Cinq groupes détiennent la majorité du marché des casinos en France (Lucien Barrière, Partouche, Tranchant, Joa – ex Moliflor – et Emeraude).

Une étude de Coach Omnium, cabinet spécialisé dans le secteur du tourisme montrait il y a quelques mois que, pour l’exercice 2008-2009, l’ensemble du secteur casinotier en France a enregistré une régression de 8,19 %. Pour autant, précise l’étude, « le marché français des casinos est, en 2008, le premier en Europe, réalisant 28 % du PBJ total européen. » En France, le PBJ (produit Brut des Jeux représentant les sommes investies dans le jeu après paiement des gains) se répartit entre les machines à sous (2,15 milliards d’euros, soit 91,7 % du PBJ total, en baisse de 9,3 % par rapport à l’exercice précédent),
 les tables de jeux (roulette, boule, black jack… pour 193,6 millions d’euros, soit 8,3 % du PBJ total, en progression de 6,4 %).  Toujours selon la même étude, l’activité avait régressé depuis 2007, de près de 16 % sur deux ans et de plus de 8 % sur la seule année 2008. « À nombre de casinos constant – c’est-à-dire en excluant les nouveaux casinos – la régression est de 13 %. 
Cette baisse de chiffre d’affaires s’accompagne d’une chute de 13,55 % de la fréquentation. » La faute en est, paraît-il, au développement des jeux en ligne et à la loi anti-tabac qui découragent les joueurs de cumuler leurs vices tabagiques et casinotiers et bien sûr au contexte économique général.

Cette évolutionn’est pas sans conséquence pour les villes touristiques. Selon Coach Omnium, les prélèvements obligatoires ont représenté 55 % du PBJ pour l’exercice 2009, soit 1,28 Milliard d’euros qui se répartissent ainsi : 61 % pour l’État, 18 % pour les organismes sociaux, 21 % pour les communes. Au-delà des prélèvements obligatoires sur le PBJ, les casinos ont consacré 95 millions d’Euros aux activités touristiques locales. Cette contribution touristique supplémentaire concerne l’ensemble des domaines permettant de renforcer l’attractivité touristique des communes et de leur région, activités culturelles, sportives, événementielles.

 

Vive le lobby de l’eau

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On critique souvent le lobbying mais il existe de bons lobbys. Connaissez-vous Gérard Payen ? Président d’AQUAFED, Fédération internationale des opérateurs privés de services d’eau, il est aussi membre du conseil pour l’eau et l’assainissement du Secrétariat général des Nations-Unies. Cet ingénieur des ponts et chaussées, ancien président-directeur général du pôle eau de la Lyonnaise des eaux devenue Suez Environnement, n’a de cesse de transformer le droit à l’eau, en un droit concret et universellement reconnu. Comme il l’explique dans une tribune parue le 3 janvier dans le Figaro, l’ONU vient de donner au droit à l’eau et à l’assainissement un fondement juridique en droit international en déclarant qu’il fait partie du « droit à un niveau de vie suffisant » reconnu par plusieurs traités internationaux relatifs aux droits de l’homme.

Nos débats français sur la gestion déléguée du service de l’eau et de l’assainissement sont trop souvent plombés par des postures idéologiques. La France a développé une filière industrielle qui a donné naissance à de grands champions mondiaux dans le traitement et la distribution de l’eau. Leur légitimité est fondée surleur savoir-faire et sur les technologies issues des travaux de leurs équipes de recherche. Il faut avoir visité les laboratoires de ces grands groupes pour mesurer le niveau d’expertise de ces professionnels de l’eau. Même quand le service de l’eau et de l’assainissement est assuré en régie directe par la collectivité, on fait appel  aux entreprises et à leurs filiales d’ingénierie. Ce secteur économique y trouve son équilibre, quels que soient les modes de gestion choisis en fonction des circonstances, des histoires locales et des particularités des territoires.

L’ONU  fixe donc une nouvelle règle du jeu : « l’eau doit être potable, accessible, disponible, d’un coût abordable et fournie sans discrimination aucune. Le droit à l’eau ne réclame pas la gratuité de l’eau, mais le caractère abordable de son coût pour chacun, ce qui peut être assuré par des politiques tarifaires ou fiscales adaptées aux revenus des ménages, » explique Gérard Payen. « Elles peuvent aller jusqu’à la gratuité de l’eau pour les plus démunis. Dans la même résolution, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a clos les polémiques sur la compatibilité du travail des entreprises privées avec le droit à l’eau potable. Il confirme officiellement que les pouvoirs publics ont toute latitude de mobiliser des opérateurs privés, publics ou des ONG pour la mise en œuvre du service public de l’eau potable. »

(illustration FreeBirD®)

Châteauroux district

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Ici commence le monde fini. Hier, les Américains avaient installé, ici, la plus importante base logistique européenne de L’OTAN de 1951 à 1967. Aujourd’hui, ici, l’Europe des compagnies aériennes utilise l’ex-base de l’OTAN devenue l’aéroport Marcel Dassault, comme centre de formation pour  ses pilotes et de maintenance pour ses avions. Demain, ici, les Chinois travailleront sur une plate-forme de coopération économique appelée Châteauroux Business District qui, selon Jean-François Mayet, sénateur maire UMP de la ville, « va générer dans un premier temps 500 millions d’euros d’investissements chinois et la création de 4 000 emplois directs, dont 80% français »,.

Le magazine L’Usine nouvelle explique qu’au lendemain de la visite du président chinois Hu Jintao en France, les projets se sont concrétisés. Châteauroux devient le symbole de la présence chinoise en France. Une quarantaine d’entreprises chinoises sont concernées par une première vague de projets.

C’est énorme et les élus régionaux socialistes, au premier desquels Michel Sapin, ancien président de la Région Centre, modèrent l’enthousiasme du maire de Châteauroux. Si personne ne peut prédire avec certitude le nombre d’emplois créés, il est certain en revanche, que les Chinois, comme les Américains hier, ont bien compris la position stratégique de Châteauroux et vont utiliser la plateforme aéroportuaire pour en faire une base avancée pour leurs exportations, un hub logistique en Europe, mais aussi y créer des ateliers d’assemblage sur des produits à haute valeur ajoutée. Après les  GI’S et le rêve américain des sixties, la capitale du Berry devient la porte de l’Orient. Mieux que la gare de Perpignan dont Salvador Dali avait fait le centre du monde, l’aéroport de Châteauroux symbolise le nouvel équilibre planétaire.

La mesure du bonheur

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L’INSEE passe aux travaux pratiques. Un an après la remise du rapport Stiglitz, qui recommandait de mieux prendre en compte les aspects liés au bien-être et à la soutenabilité, l’INSEE et le Service de l’observation et des statistiques (SOeS) du ministère du développement  ont complété leurs outils d’observation.

En novembre prochain, l’INSEE publiera un dossier sur les conditions de vie intégrant des mesures de la qualité de vie des ménages prenant en compte les différentes dimensions préconisées dans le rapport : les conditions de vie matérielles (conditions de logement, restrictions de consommation), les contraintes financières (endettement, impayés, coût du logement, etc.), la santé, l’éducation, les conditions de travail, la participation à la vie publique, les contacts avec les autres, l’insécurité physique et économique. Un indicateur de bien-être synthétisant les différentes dimensions sera proposé. Dans les mois qui viennent, les écarts de revenus, de consommation et d’épargne selon que le ménage habite une zone urbaine ou rurale (en juin 2011), mais aussi les évolutions sur dix ans du pouvoir d’achat des différentes catégories de ménage (à partir de 2012), seront étudiés. Une estimation du contenu en CO2 du caddie des ménages va paraître à la fin de l’année.

Les statisticiens nous annoncent une pluie de nouveaux indicateurs . Début 2011, un indicateur territorial de potentiel de biodiversité verra le jour, tout comme une première estimation de l' »empreinte eau » de la France. L’actualisation des indicateurs de développement durable  sera faite chaque année et des indicateurs territoriaux de développement durable vont être proposés dès l’année prochaine. L’annonce de tous ces indicateurs fait déjà remonter notre indice personnel de bien-être.

Territoires marins

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La France retrouve enfin les océans. Tel était le titre du Débat d’Iéna que nous animions, François Grosrichard et moi, il y a quelques jours, au Conseil économique, social et environnemental. L’occasion de faire le point sur l’application du Grenelle de la mer et du Livre bleu et mieux mesurer les enjeux de la nouvelle politique maritime de la France. Au delà de la densité des débats dont les actes seront prochainement publiés, cette journée était aussi l’occasion de changer de point d’observation sur les territoires, terrestres et maritimes. Jean-Yves Perrot, président directeur général de l’Ifremer, rappelait à juste titre que les populations vivent de plus en plus majoritairement à proximité des côtes. Cette migration des terriens vers les zones littorales est un phénomène mondial, plus de 60 % de la population vit sur une bande littorale de 60 km de profondeur. En France, les habitants des 885 communes littorales représentent 10 % de la population, sur 4 % du territoire national. La pression démographique croît (300 habitants au km2 sur les côtes françaises) et s’accompagne d’une pression économique.

Au delà de l’Hexagone, la France a une surface et des frontières maritimes impressionnantes, de Nouméa à Saint-Pierre-et-Miquelon, de Clipperton aux Kerguelen. Elle est aujourd’hui la deuxième puissance mondiale avec onze millions de kilomètres carrés de ZEE (zone économique exclusive sur lequel elle peut exercer ses droits souverains en matière économique) et a des frontières maritimes avec 30 pays. Cette immense ZEE devient territoire d’exploration pour les minerais rares et, demain, elle peut devenir espace d’exploitation des ressources marines, minérales et biologiques.

Bien sûr, c’est un marin qui a le mieux parlé de la mer. « Ne traitons pas les mers comme la terre, derrière nos palissades et nos clôtures. Sur terre, nous sommes dans le domaine du déterminisme. La mer est le royaume du probabilisme, » explique l’Amiral Pierre-François Forissier, chef d’Etat-major de la Marine nationale. Et d’illustrer sont propos par le crash du vol d’Air France au large du Brésil, dont on ne connaît toujours pas aujourd’hui le point d’impact, ou par la lutte contre la piraterie dans l’océan Indien, où les pirates sont de plus en plus mobiles. En mer, ce qui est vrai à l’instant T à un endroit déterminé ne l’est plus l’instant d’après, et particulièrement en matière de sécurité. Jean-François Tallec, secrétaire général de la Mer, résume bien ce paradigme marin pour structurer la politique maritime française : « La mer est un milieu unique et mouvant. Il faut faire en sorte que les politiques sectorielles se confortent ainsi que les deux échelles temporelle et spatiale ».